10 Mythes sur la romance… démolis ! #2

10 Mythes sur la romance… démolis ! #2

Mythe #2 : Harlequin représente un genre, une recette, une formule spécifique de romans.

Tout d’abord, les premiers romans d’amour publiés par Harlequin furent ceux de Mills & Boon, un éditeur britannique (Harlequin est à la base une entreprise de réédition, qui se contenta dans ce cas de négocier des droits de distribution en Amérique du Nord). S’il y a spécificité ou formule, c’est donc originellement celle de Mills & Boon… Il s’agissait en l’occurrence de romance sérielle (category romance), des romans très courts écrits exclusivement par des britanniques et demeurant très pudiques.

Or, depuis, la romance a bien changé et s’est surtout beaucoup diversifiée, et Harlequin n’aurait pas pu rester en tête des ventes s’ils n’avaient pas suivi le mouvement ! Des romances « adaptées » au public américain ont vu le jour, de même que les désormais prédominants single titles, ces romans de 350 à 400 pages n’entrant dans aucune catégorie à priori (toute romance sérielle doit au contraire suivre les directives bien précises de sa gamme). En 2010 figuraient dans le top 3 des éditeurs les plus vendus MIRA et HQN, deux éditions d’Harlequin publiant uniquement ces fameux « titres uniques », reléguant loin derrière la romance sérielle qui continue pourtant à réprésenter l’image de la compagnie pour beaucoup de profanes.

Aujourd’hui, les Entreprises Harlequin possèdent 32 collections différentes au Canada (c’est-à-dire sans compter les collections des filiales qui impriment leurs traductions), pour lesquelles écrivent plus de 1 300 auteurs du monde entier. Harlequin est également à l’origine d’une récente filiale entièrement numérique, Carina Press, qui publie, outre des romances de tout poil, des œuvres dans les genres fantasy, SF, action/aventure, paranormal, comédie, policier, western, érotique… Alors, difficile de réduire tout cela à une seule recette narrative, non ?

2 commentaires
  1. Moi ce qui m’a choquée en tant qu’ancienne libraire c’est la façon dont sont traitées les publications Harlequin. Quand un libraire reçoit un livre il le garde un certain temps puis renvoie ses invendus à l’éditeur. Pour Harlequin on procède différemment. Les livres sont dépouillés de leur couverture qui elle, repart vers la plateforme de livraison, mais les livres sont purement et simplement jetés à la poubelle. Je pense que toutes les lectrices ont déjà lu cet avertissement: « Si ce livre vous a été vendu sans sa couverture etc… » Cela donne l’image d’une sous-littérature sans valeur et ça contribue d’ailleurs à faire que ces livres sont parfois très rares sur le marché de l’occasion ! Quand je pense aux auteurs je trouve que ce n’est pas très gratifiant même si on sait que beaucoup de livres sont passés « au pilon » eux aussi.

    • Ce que tu dis est vrai, mais pas entièrement. Tout d’abord, je vois cet avertissement au sujet de la couverture dans la plupart des livres que je lis ; on le retrouve en effet chez des éditeurs comme Pocket Books, Leisure Fiction, Berkley, Ballantine Books, Jove, Avon, Tor, etc. Mon point reste donc valide : même à ce niveau, il n’y a pas de spécificité Harlequin. 😉
      L’autre réalité, c’est que la romance sérielle a par définition un temps de vie plus court que les single titles. Les titres issus de la première restent un mois en magasin avant de devoir laisser la place aux sorties du mois suivant. C’est le jeu, et la longueur des romans publiés ainsi y est adaptée (pas plus de 50 000 mots). On pourrait dire que cela est spécifique à Harlequin, car ils sont les seuls à publier encore de la romance sérielle. Néanmoins, cela n’a pas toujours été le cas, et aujourd’hui ils publient également des romans dans les mêmes conditions que n’importe quel éditeur généraliste.
      Pour savoir ce que les auteures en pensent, le mieux est de lire ce qu’elles en disent.

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