10 Mythes sur la romance… démolis ! #3

10 Mythes sur la romance… démolis ! #3

Mythe #3 : Romance = roman Harlequin.

J’ai déjà expliqué qu’à la base, un roman Harlequin est en fait un roman Mills & Boon. Mais on est encore dans les années 40-50, aux balbutiements de ce qui fait la romance actuelle (voir le Mythe #1). Celle-ci subit une petite révolution et s’ouvre notamment aux sous-genres historique et d’aventure avec l’auteure américaine Kathleen E. Woodiwiss. Or ses romans-fleuves sont aussi loin des codes de la romance sérielle des années 70 que des romans généralistes : c’est donc finalement la maison d’édition Avon, spécialisée dans les livres de poche et les bandes dessinées, qui lui donnera sa chance ! Du reste, à l’époque, Harlequin refusait de publier des auteures américaines. Les premiers manuscrits de Nora Roberts furent rejetés pour cette raison…

Par ailleurs, Harlequin étant une compagnie canadienne, elle passait par le gros éditeur américain Simon & Schuster pour distribuer ses romances Mills & Boon aux États-Unis. Quand Harlequin, ayant racheté Mills & Boon, décida de terminer son contrat avec Simon & Schuster, ces derniers se lancèrent tout naturellement à leur tour dans la romance — et offrirent à Nora Roberts ses premiers contrats d’édition ! La raison pour laquelle Harlequin détient aujourd’hui les droits sur une grande partie de l’œuvre de Nora Roberts est qu’ils finirent par racheter leur propre concurrent (Silhouette Books) dans les années 80.

En somme, Harlequin a popularisé mais pas du tout inventé la romance, qui elle, doit davantage à des éditeurs comme Mills & Boon, Avon, Kensington ou Simon & Schuster… Il est donc trompeur et un peu dommage que la marque « Harlequin » se soit imposée pour représenter un genre auquel elle n’a historiquement que peu contribué pour ce qui est du fond/contenu.

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