10 Mythes sur la romance… démolis ! #6

10 Mythes sur la romance… démolis ! #6

Mythe #6 : Il n’y a pas de suspense (voire d’intérêt) à lire des histoires dont on connaît la fin à l’avance.

C’est vrai, quand on choisit une romance, on sait à l’avance que les héros finiront ensemble et heureux (ou, en bit lit, que la mission sera accomplie). Mais de là à connaître la fin… Non seulement c’est exagéré, mais en plus, l’effet de surprise est loin d’être un critère de valeur littéraire en soi !

On a beau s’attendre à la situation finale, en chemin toutes les surprises, révélations et rebondissements sont permis. La romance est simplement un genre qui met l’accent sur le comment (comment en est-on arrivé là ?) davantage que sur le quoi (à quoi est-on arrivé ?), ce qui est d’ailleurs la caractéristique même du suspense ! Comme ce dernier et l’effet de surprise sont souvent mêlés dans les histoires de type thriller ou action, on tend à les confondre ou à les assimiler. Or le propre du suspense, loin de plonger le lecteur dans l’inconnu et l’inattendu, est au contraire d’en révéler assez pour que les méninges tournent à fond ! Par exemple, si l’amant de l’héroïne se retrouve en prison, c’est embêtant, mais si on sait avec certitude qu’il est le héros et l’homme de sa vie, ça devient carrément un drame : l’enjeu est décuplé. Sans compter le casse-tête qu’on nous propose de résoudre : comment va-t-il s’en sortir ? Si l’auteure a de l’imagination, sa solution sera au final beaucoup plus inattendue et surprenante qu’un roman qui miserait uniquement sur l’impossibilité de prédire s’il va s’en sortir ou pas.

Enfin, l’idée selon laquelle connaître la fin d’une histoire gâcherait sa lecture est en contradiction directe avec la possibilité de relire, de même que de romancer des épisodes historiques passés. Ne sait-on pas déjà qui a gagné quelle guerre, qui a épousé qui, qui est mort à quelle occasion, etc. ? Le talent du conteur est justement de capturer notre attention et de nous charmer en dépit de ce que l’on sait déjà du récit. C’est le cas en romance : même si l’on « connaît » toujours la fin, il y a des romances prévisibles et d’autres pas, comme dans tout genre littéraire.

2 commentaires
  1. C’est tout à fait vrai, le suspence réside aussi bien dans le « comment va-t-il, ou elle, s’en sortir ? » On retrouve le même phénomène au cinéma. Les gens sont toujours aussi nombreux à regarder le film « Titanic », alors que chacun sait que le bateau va vraiment couler ! D’autre part, il existe des romances ou la « happy end », si elle est toujours l’aboutissement d’un amour, peut surprendre. Je me suis attaquée à la lecture de l’oeuvre de Juliette Benzoni et je dois dire que certaines fins, si heureuses soient-elles, n’étaient pas celles que le lecteur devait attendre si on s’en tient au cliché sur la romance.

  2. Je plussoie. J’ai longtemps été fan d’une série d’illustrés qui en était au 500ème épisode (!) avec les mêmes héros et des histoires similaires. Malgré les répétitions et les fins prévisibles, je les lisais et relisais avec autant de plaisir en connaissant, au bout de trente ans, tous les épisodes quasiment par coeur.
    Le propre même des séries est justement de cadrer le lecteur dans ce qu’il aime, ce qui le fait se sentir en sécurité dans un monde connu.
    A l’auteur de le faire voyager dans les limites fixées. Et là, l’imagination doit être au rendez-vous pour donner tout son charme à l’histoire.

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