10 Mythes sur la romance… démolis ! #9

10 Mythes sur la romance… démolis ! #9

Mythe #9 : La romance, c’est de la pornographie pour femmes.

Parce qu’on y parle de sexualité ? Parce qu’on l’y représente ? Mais si les scènes « hot » de romance peuvent être utilisées à toutes fins possibles, cela ne les rend pas plus pornographiques qu’une photo ou objet quelconque  à partir duquel un homme (ou une femme !) choisit de se masturber. Les scènes d’amour n’ont pas vocation principale à exciter sexuellement le lecteur, mais à reconnaître une part indéfectible de toute relation amoureuse complète, épanouie, saine et heureuse. Ce n’est pas que les femmes préfèrent le sexe dans un contexte émotionnel (celui d’une histoire d’amour), mais bien l’inverse : elles ne sont pas dupes des conséquences physiques qu’entraîne ce type d’émotions ! L’amour platonique est un mythe particulièrement malsain, qui a servi de tout temps à justifier des horreurs contre les femmes : prostitution, infidélité du mari, connotation positive de la virginité et son pendant, la connotation négative du désir féminin et de l’activité sexuelle des femmes.

À l’heure où le grand public découvre l’existence de la romance érotique sous l’appellation de « mommy porn », j’aimerais aussi expliquer pourquoi cette assimilation à la pornographie n’est pas seulement abusive, mais contient un jugement essentialiste et moral très problématique. Certes, on doit reconnaître que la majorité de la production pornographique est orientée vers le consommateur masculin, et qu’il y a donc une brèche pour imaginer de la porno « pour femmes », voire féministe. Or l’idée que la lecture de romances, même érotiques, remplit déjà ce rôle, c’est au contraire nier que les femmes, ou les lectrices de romance, puissent s’intéresser par ailleurs à de la réelle porno ! Et surtout, cela définit la libido féminine d’une façon bien simpliste, stéréotypée et péremptoire…

Enfin, peut-être que certaines personnes trouvent que la porno, c’est cool, et qu’il n’y a donc aucun problème à qualifier certaines œuvres de « pornographiques ». Malheureusement, le monde n’est pas aussi tolérant : l’inventeur du terme « mommy porn », ainsi que la plupart de ceux qui le reprennent, l’utilisent dans un sens clairement péjoratif. Dire d’un livre que c’est de la porno, c’est en l’occurrence l’équivalent de : « Ça ne vaut rien. » (Ou du moins : « Ça n’a pas d’autre valeur que pornographique. ») Le livre qui a suscité cette appellation avait d’ailleurs été retiré des étagères d’une bibliothèque en Floride… car les bibliothèques ne diffusent pas de pornographie ! Ce qui constitue ou pas de la porno est donc plus qu’une question de goût ou d’opinion personnelle, plus qu’un détail sans conséquence.

Laisser un commentaire