Écrire le deuil

Écrire le deuil

Il n’y a pas si longtemps, l’un de mes personnages disait : « La vie ne fait pas que des cadeaux, elle les reprend, aussi » et ces quelques mots que j’avais jetés sur papier, m’avaient bien fait réfléchir. Cette phrase, dure et vraie, démontre notre triste réalité. Nous avons tous des épreuves à subir : un accident, la maladie, la mort. Cela fait partie des aléas dans lesquels la vie nous plonge.

Dans La Perte, j’ai délibérément mis Charlotte dans une situation difficile : seule au monde, enceinte de surcroît, elle perd son fiancé dans un tragique accident. Parce que la vie n’est pas toujours rose et qu’elle est souvent loin d’être simple, nous plongeons dans son rapport au deuil, dans ses sentiments et sa solitude. Dans ses doutes, aussi. Hormis cet enfant, rien ne la lie à la famille Evans. Doit-elle leur masquer sa grossesse? Les laisser repartir sans rien leur dire? Ne devrait-elle pas plutôt leur donner de l’espoir? S’accrocher à ce succédané de  famille, puisqu’elle n’en a aucune?

J’avoue avoir une affection toute particulière pour ce texte, l’un des plus intimes que j’ai écrits jusqu’à présent. Parce que j’ai plongé dans le deuil avec Charlotte. J’ai pleuré dans son épreuve, et je me suis remise en question avec elle. Ensemble, nous avons souffert, mais j’aime à croire que nous nous sommes entraidées au fil des mots, elle et moi.

Le roman de Suzanne Roy La Perte n’est plus disponible aux Éditions Laska. Retrouvez ses autres publications (Pour le meilleur et pour le pire, En enfer avec toi, Une promesse d’espoir) chez tous les revendeurs.

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