Entretien avec Chloé Duval

Entretien avec Chloé Duval

JC : Bonjour, Chloé ! Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?
CD : Bonjour Jeanne, et merci de me permettre de m’adresser ainsi aux lectrices et lecteurs de Láska !
Alors j’me présente, je m’appelle Henri — ah non, pardon, je me trompe !
Mon nom de plume est donc Chloé Duval et dans la vraie vie, celle qui vient avec les courses et le ménage, je suis traductrice technique, et je travaille dans des domaines qui n’ont pas grand-chose à voir avec la romance. Alors, pour compenser et assouvir mon besoin d’évasion et de paillettes, je lis, beaucoup, vraiment beaucoup (des romances, des romans historiques, de la bit lit, de la romance paranormale, de la fantasy, un peu de SF, toutes les réécritures de contes de fées possibles et imaginables…), et depuis deux ou trois ans maintenant, j’écris (des histoires d’amour, parce que les histoires d’amour, y a que ça de vrai).
À côté de cela, j’ai une grande passion pour les princesses Disney, dont je fais collection, je me gave de comédies romantiques et de dessins animés dès que j’ai cinq minutes (sans oublier les films de super-héros) et le soir, pour me détendre, j’adore tricoter : écharpe, châle, col, doudous… le tricot, c’est devenu une seconde nature pour moi.
En résumé : j’ai toujours un livre en cours de lecture, une histoire en cours d’écriture, un tricot en cours de réalisation.

JC : Comment en es-tu venue à lire de la romance ? Qu’est-ce que cela t’apporte ? Quels sont tes auteurs préférés ?
CD : Je crois que j’ai toujours aimé lire de la romance. Adolescente, je dévorais sans honte ni modération les romans Harlequin de ma mère, les magazines Nous Deux de ma grand-mère, et tous les romans de chick lit sur lesquels je pouvais mettre la main (je passe sur les classiques tels que Jane Eyre, de Charlotte Brontë, que je lisais une fois par an, voire deux fois les bonnes années).
Et puis, études de langue obligent, j’ai commencé à lire en anglais et à fréquenter les librairies anglophones. Amazon et son catalogue anglophone ont fait leur apparition dans mon quotidien… Et là, c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi ! Je suis tombée dans la marmite des romances en anglais et depuis, je n’en suis plus ressortie !
Si je ne devais retenir qu’une seule chose de ce que m’apporte la romance, je dirais que c’est probablement le dépaysement, l’évasion, les papillons dans le ventre (ah, ça fait trois ? J’ai jamais été bonne en maths, de toute façon). Lire une romance, pour moi, c’est comme boire un thé bien chaud en regardant la neige tomber. Comme visionner une comédie romantique bien traditionnelle sous la couette, avec du chocolat. C’est un instant doudou, qui me fait du bien au cœur et à la tête.
J’ai toujours été une indécrottable fleur bleue, alors j’aime les histoires d’amour, et plus elles dégoulinent de guimauve, plus je suis contente !
Quant à mes auteures préférées… vous avez combien de temps devant vous ? Il y en a tellement ! Ce sont toutes (ou presque) des Américaines, et certaines ne sont pas traduites (du moins, pas encore). Je vais quand même essayer de vous faire une petite liste non exhaustive :
En romance historique, mes auteures préférées sont probablement Julia Quinn, Eloisa James (surtout sa série autour des contes de fées) et Kate Noble.
En romance paranormale/bit lit, Kerrelyn Sparks et Karen Marie Moning.
En romance contemporaine, Julie James a pris la tête de liste il y a peu (je suis notamment très fan de sa série FBI/US Attorney).
Mais au-delà de toutes ces personnes, il y a une auteure que j’aime plus que les autres, et dont j’achète les romans les yeux fermés, sans même lire le résumé, c’est Lauren Willig. Elle écrit une série tout à fait réjouissante, à mi-chemin entre la romance historique et le roman de cape et d’épée à la baronne Orczy, le tout saupoudré d’un nuage de roman féminin, c’est inimitable ! Je pense que je suis sa fan francophone numéro un (d’ailleurs, je ne crois pas qu’il reste dans mon entourage une seule personne qui n’ait pas au moins une fois entendu parler de Lauren Willig. Si c’est le cas, qu’elle se manifeste immédiatement, que je puisse réparer cette erreur !!! :D).
Toutefois, je suis en train de découvrir quelques auteures francophones, dont certaines sont publiées ici même, chez Láska, alors si la tendance se maintient, il est fort probable que ce classement change dans les prochains mois !

JC : Qu’est-ce qui t’a donné l’envie et/ou la motivation d’écrire ? Quand et comment as-tu commencé ?
CD : Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours plus ou moins écrit. Quand j’étais petite fille, j’avais des cahiers de brouillon dans lesquels j’écrivais des histoires de princes et de princesses, surtout, mais pas uniquement. J’y racontais toutes les histoires qui me passaient par la tête. Par la suite, j’ai laissé l’écriture de côté, et je me suis mise à lire. Beaucoup. Au point que je préférais passer mes dimanches après-midi le nez plongé dans mes bouquins au lieu de sortir avec mes amis.
Et puis, il y a trois ans environ, je lisais totalement innocemment une romance dans lequel le héros écrivait un livre, un carnet de voyage, plus ou moins en cachette. Un beau jour, sa douce moitié est tombée sur son récit et lui en a parlé. Je ne sais ni pourquoi ni comment, mais cette conversation, les paroles que l’héroïne a tenues, la manière dont elle a encouragé le héros à se lancer dans l’écriture et à faire lire sa prose, ont provoqué une sorte de déclic chez moi : je voulais voulais revenir à l’écriture. Alors, je m’y suis remise, d’abord doucement, parce que j’étais sacrément rouillée et toute cette documentation technique ne m’avait pas aidée à entretenir mon imaginaire. Mais j’ai persisté, je me suis acheté des carnets, pour noter des idées, pour écrire des bouts d’histoires… et j’y ai pris tellement goût que depuis, je ne peux plus m’arrêter et les idées pleuvent dans ma tête plus vite que je ne peux les écrire !

PCT_petitJC :  De quoi parle ta première publication, Parce que c’est toi ?
CD : Parce que c’est toi, c’est simplement l’histoire de deux personnes qui se rencontrent, qui se découvrent, qui se plaisent, et qui se trouvent devant le choix de se donner une chance ou pas.
Une histoire sans prétention, vieille comme le monde… mais qu’on ne se lasse pourtant pas de raconter, et de lire.
Là où réside son originalité (du moins, je l’espère), c’est dans le contexte. Le géocaching est une activité que peu de gens connaissent, qui est bien plus répandue au Québec qu’en France, par exemple. C’est une sorte de chasse au trésor que l’on fait avec un GPS. Une activité que je pratique moi-même, plus ou moins assidûment, mais toujours avec beaucoup de plaisir !
C’est donc lors d’un rallye de géocaching organisé par des amis communs que Théo, photographe de son métier et bôgôsse dans ses temps libres, et Claire, traductrice, gourmande et fan de Doctor Who, vont faire connaissance, faire équipe… et découvrir que l’amour peut vraiment vous tomber dessus n’importe où, même au fin fond de la forêt canadienne !
Allez, comme je suis gentille, je vous dévoile un petit détail en plus… il y est aussi question de Fort Boyard !

JC : L’héroïne est traductrice technique, comme toi ; elle est française installée au Québec, comme toi… À quel point as-tu mis de toi-même et de ta propre vie dans ce texte, et pourquoi ?
CD : Je l’avoue, j’ai mis beaucoup de moi-même dans la personnalité de Claire.
À l’origine, voyez-vous, j’ai écrit cette histoire parce que j’avais envie (besoin, peut-être même ?) de raconter ce que je vivais, moi, quotidiennement, en tant qu’expatriée, toujours tiraillée entre deux mondes, entre deux vies, entre deux pays. J’avais envie de faire découvrir à mes amies restées en France cette vie que nous avons, nous, les Français émigrés au Québec. Et en même temps, j’avais envie d’écrire une histoire qui mette en scène le géocaching. Juste parce que j’aime ça, parce que personne ne connaît, et parce que c’est drôle, comme activité. Les deux éléments principaux de l’histoire étant tirés de ma vie personnelle, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin. Alors, j’ai commencé à créer Claire, qui était un peu de moi (parce que c’est toujours plus facile de raconter ce que l’on connaît bien), un peu de mes amies traductrices à leur compte, et un peu cette fille timide et discrète, qui est toujours la bonne copine, mais que personne ne remarque jamais vraiment. Parce que dans la vie, les femmes sont rarement parfaites, je ne voulais pas créer une héroïne parfaite. Je voulais que ma Claire soit une madame tout le monde qui aurait droit à son histoire avec un beau prince charmant
Et je l’admets, à l’époque, je ne pensais pas du tout à une publication, donc je ne me suis pas posé la question… Parler de ce que je connais est beaucoup plus facile, alors je me suis joyeusement orientée dans cette direction, en me disant qu’au mieux, ça amuserait mes amies restées en France (qui sont également fans de Doctor Who, alors je savais que ça allait leur parler)…
Et voilà…

JC : Sans aucune pression, peux-tu nous parler de quelques-uns de tes autres projets, peut-être futures publications ?
CD : Je peux vous en parler volontiers, mais je pense que je vais dépasser le quota de caractères autorisés dans un billet… 🙂
Alors je vais essayer d’être relativement brève.
Ma tête fourmille d’idées à divers stades de développement. Actuellement, je suis en train de travailler sur l’histoire de deux personnages secondaires de Parce que c’est toi. Le titre provisoire, c’est Échec et Mat (oui, il y est question d’échecs. Et d’avions aussi.)
Il est possible que je me laisse tenter par l’appel d’un ou de deux personnages secondaires de Échec et Mat, mais je suis encore en négociation avec eux pour savoir ce qu’ils veulent vraiment et ce que je suis prête à leur donner.
Autrement, j’ai quelques projets entamés et plus ou moins laissés de côté. Parmi eux, il y a une réécriture de Cendrillon (sur laquelle je travaille depuis si longtemps que je ne sais pas si j’en verrai le bout un jour), qui pourra probablement aboutir à une série dans le même univers. Il y a également une histoire mettant en scène trois femmes que la vie n’a pas vraiment aidées et qui méritent bien de rencontrer leur prince charmant. L’une d’elles est (enfin, était) lectrice pour une maison d’édition britannique.
À côté de cela, j’ai plusieurs héroïnes qui font des pieds et des mains dans ma tête pour que je raconte leur histoire, mais comme rien n’est encore fixé… chuuuuuut ! 🙂

JC : Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire des romances ?
CD : Ma muse et moi avons des points de vue différents sur le sujet. Elle est assez dictatoriale quand elle a décidé quelque chose, et je n’ai pas toujours mon mot à dire. Alors disons que quand c’est elle qui décide, elle implante une scène très précise dans mon cerveau, souvent le point de départ de l’histoire (inspirée par une émission, un fait divers, un film ou un roman), me donne suffisamment de pistes de développement pour que je ne parvienne plus à penser à autre chose. Puis, elle me laisse en plan avec cela et s’occupe de me trouver une autre idée. Ce qui ne lui prend généralement pas plus de deux ou trois jours.
Quand c’est moi qui décide, j’écris ce que j’ai envie de lire : des histoires d’amour à l’eau de rose qui me donnent des frissons dans le dos et des papillons dans le ventre. Je m’inspire beaucoup de ce que je vois et de ce que je lis, et puis après, je laisse mes personnages décider de ce que sera leur histoire (ce qui, régulièrement, me met dans l’embarras).
Je ne saurais identifier exactement ce qui inspire les histoires que j’écris. Je pense que mes histoires sont plus la somme de toutes mes influences et de toutes mes passions… de tout ce que j’aime dans la vie.

La novella de Chloé Duval, Parce que c’est toi, n’est plus disponible aux Éditions Laska. Retrouvez sa nouvelle de romance contemporaine, Rendez-vous à Pigalle, chez tous les revendeurs.

7 commentaires
  1. Très chouette entretien, avec beaucoup de choses que j’aime en bonus : Doctor Who, les princesses Disney, la traduction… j’ai hâte de découvrir cette première publication, et les projets m’intéressent également !

    • Merci Mélie!!
      Toi aussi, alors, comme Claire, et comme moi, tu fais partie de la communauté des Whovians? Chouette, chouette, chouette! 😀 Il y a quelques clins d’oeil qui devrait te plaire alors, dans mon histoire!
      Et sinon, les princesses Disney, c’est quasiment un mode de vie chez moi… Je vais même jusqu’à m’acheter des Kinder Surprise rien que pour avoir les petite figurines Princesses, alors tu vois un peu combien je suis atteinte! 😀
      Quant à la traduction… c’est aussi ton métier ou tu aimes juste ça?

      En toute cas, j’espère que Parce que c’est toi te plaira! 🙂

      • Hi hi, je suis en phase de rejoindre à mon tour la communauté…

        • Tu en es où alors, dans la série, Jeanne? Christopher Ecclestone, David Tennant ou Matt Smith?

          • Je débute la saison 2, donc je découvre David Tennant après Christopher Eccleston… En fait, j’avais aussi vu quelques épisodes récents avec Matt Smith, que j’avais fini par bien aimer malgré sa jeunesse et sa mèche. 😛

  2. J’aime le côté « instant doudou ». Je l’adopte ! 🙂

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