Entretien avec Emilie Milon

Entretien avec Emilie Milon

JC : En visitant tes sites et blogs, on a l’impression que tes écrits sont surtout orientés fantastique et fantasy. Qu’est-ce qui t’a donné envie de te mettre à la romance pour L’Ijiraq ? Des auteurs, des « rencontres » littéraires ou bien au contraire, un défi ou une envie enfouie ?
EM : En fait, je cache bien mon jeu, car il y a toujours une touche de romance dans mes textes (sauf dans les nouvelles, car j’ai moins de temps pour le développer) avec un ou plusieurs couples. Seulement, ce n’est pas le moteur principal, donc ce n’est pas mis en avant, et surtout je ne respecte pas toujours la règle de la fin heureuse… enfin, mes personnages sont heureux, mais pas sûr que le lecteur ait la même vision ! Du coup, pour L’Ijiraq, je parlerais plus d’envie enfouie, car je suis une grande rêveuse, et quelle fille ne craque pas devant l’aventurier viril qui protège malgré lui l’héroïne ?

JC : Tu as décidé de t’autopublier en parallèle de ton travail avec des éditeurs. Quelle est la raison de ce choix ? Penses-tu recourir à l’autopublication à l’avenir ?
EM : Mon choix d’autoédition n’est en aucun cas un « plan B » face à des refus d’éditeurs. J’autopublie uniquement un roman de fantasy intitulé Les Chroniques du monde de Néhéléna, que j’ai écrit entre 2007 et 2009 et publié en partie sur Internet. Depuis un moment, je souhaitais donner plus de relief à cette histoire en lui apportant mes expériences nouvelles, mais aussi une écriture plus travaillée. J’ai découvert l’autoédition par le biais d’amies écrivaines et j’ai trouvé l’idée intéressante pour ce roman. C’était le compromis idéal pour avoir un produit fini, réécrit à mon rythme, tout en poursuivant mes autres projets éditoriaux, car pour prétendre à soumettre ce roman à un éditeur, j’aurais dû d’abord tout réécrire (le projet initial faisait plus de 950 000 mots) alors que j’ai bien d’autres romans prioritaires. C’est également une expérience, car il faut endosser plusieurs casquettes ! Au final, ce roman est plus un plaisir, il n’a pas pour but de concurrencer mes futures publications. Je ne compte pas autopublier d’autres romans, mais celui-là se décline en 4 ou 5 tomes, donc j’en ai encore pour quelques années !

Ijiraq_petitJC : Peux-tu nous décrire ce qu’est l’Ijiraq, et pourquoi tu as choisi de le mettre en scène dans ton texte ?
EM : Je ne connaissais absolument pas l’Ijiraq avant d’écrire cette novella ! J’envisageais de participer à l’appel à texte des Éditions Laska sur le thème du western et j’avais déjà en tête cette triple ambiance : romance, western, fantastique. J’ai donc cherché des créatures nord-américaines susceptibles de m’inspirer. Je suis tombée sur une illustration superbe d’un Ijiraq et, de fil en aiguille, j’ai découvert sa légende : un croque-mitaine inuit. En fan absolue de Stephen King, mon imagination n’a fait qu’un tour avec cette créature angoissante que je pouvais faire évoluer dans des paysages superbes et enneigés. Je fonctionne beaucoup à l’instinct, alors je me suis lancée et l’histoire a coulé de source (ce n’est pas toujours aussi simple !). Je suis d’ailleurs ravie d’avoir fait la connaissance de l’Ijiraq et j’espère que ma vision de lui plaira aux lecteurs.

JC : Connor n’est pas, de prime abord, un héros très romantique. Pourquoi l’avoir néanmoins mis dans ce rôle ?
EM : Je suis une incorruptible fan des « bad boy » et des hommes virils (aaah Wolverine), je plaide coupable. J’aime aussi beaucoup les relations dites « love/hate » où les protagonistes se cherchent et se trouvent ! Ce genre de relation permet, à mon goût, le plus d’évolution possible. Au début, Connor est individualiste et en effet pas très romantique, mais c’est cette aventure et sa rencontre avec June qui vont progressivement le faire changer d’état d’esprit, sans pour autant le transformer du tout au tout.

JC : La fin de L’Ijiraq est ouverte en ce qui concerne nos héros, mais que les lecteurs se rassurent, tu as prévu une suite ! Peux-tu nous en parler un peu ?
EM : Oui, amis lecteurs, ne me lynchez pas tout de suite, ce n’est qu’une mise en bouche. Dans la suite, les projecteurs seront tournés vers June pour mieux comprendre sa psychologie. Elle devra prendre de grandes décisions et assumer ses choix ; pas évident pour une jeune femme qui hésite entre sa soif de liberté et ses responsabilités familiales. Je souhaite aborder les difficultés à changer de vie sans se trahir soi-même, à faire confiance ou saisir des opportunités sans les regretter. Je compte aussi donner la part belle à la nature, lui redonner sa force dans une période où l’Homme s’approprie un territoire sauvage. Dans ce second tome, les héros nous emmènent vers la chaleur de l’Arizona pour y traquer l’Oiseau-Tonnerre… et apprendre à mieux se connaître sur le chemin.

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L’intégrale des Créatures de l’Ouest sera disponible le 26 mai 2016 chez tous les revendeurs, ainsi qu’au format papier sur les sites d’Amazon et lors d’évènements spécifiques. Les trois novellas qui constituent la trilogie d’Emilie Milon, L’Ijiraq, L’Oiseau-Tonnerre et La Banshee, sont également en vente séparément.

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