Entretien avec Florence Gérard, vol.2

Entretien avec Florence Gérard, vol.2

Le 15 octobre, le dernier tome de la série Alexia Hope est paru. C’est beaucoup de chemin parcouru pour son auteure depuis sa première interview, et une expérience qui n’a cessé de gagner en intérêt pour moi, à Laska ! Aussi, une petite mise à jour s’imposait…

Jeanne Corvellec : Tout d’abord, félicitations pour la parution du cinquième tome d’Alexia Hope, qui vient clore la série ! Bien sûr, la vie du livre et de la série continue entre les mains des lecteurs, mais, de ton côté, c’est terminé. Qu’est-ce que cela te fait ressentir ?
Florence Gérard :
Merci à toi, Jeanne, pour m’avoir donné ma chance ! Pour être honnête, j’ai ressenti un petit pincement au cœur en tapant le mot de la fin. Après tout, Alexia était et restera mon premier amour (si je puis dire) en tant qu’auteure. J’ai évolué en même temps qu’elle et je la remercie (même si c’est un personnage imaginaire) de m’avoir permis de me faire la main sur elle. J’espère qu’elle ne m’en tiendra pas rigueur ou je risque de finir six pieds sous terre… 😉

AHT1_petitJC : Peux-tu nous parler de la genèse d’Alexia Hope ? Quand et comment t’est venue cette idée ?
FG :
Comme souvent dans mon processus d’écrivain, mon point de départ est une question qui trotte dans ma tête. Pour Alexia, je me suis demandé quelle possibilité s’offrirait à un humain utilisant la totalité de son cerveau (et c’était bien avant Lucy de Luc Besson, je le jure ! 😉 ). Un point de départ vaste et auquel je voulais à tout prix ajouter des créatures mythiques chères à mon cœur : vampire, loup-garou, mais aussi démon, elfes… Cela remonte déjà à 2012 et, pourtant, je m’en souviens comme si c’était hier ! Cette idée entêtante, mes lectures ne me suffisant plus, mon mari me poussant à coucher sur papier (enfin, ordi ! 🙂 ) mon histoire… Ce ne sont que de bons souvenirs !

JC : Le premier tome était ta première publication. Plusieurs années et livres plus tard, quelles leçons tires-tu de ton expérience ? Et, si tu pouvais envoyer un message dans le temps à ton « toi » des débuts, quels conseils lui donnerais-tu ?
FG :
Ah, mon premier livre ! Mes copines et collègues de bureau furent mes premières lectrices et ce qu’elles m’ont dit à l’époque me marquera à jamais : « Quand je te lis, j’ai l’impression de t’entendre parler. » Malheureusement pour moi, je suis loin d’être la reine du langage et là, je me suis dit : y a un problème ! Vous aurez donc compris que ma principale faiblesse et celle sur laquelle je ne cesse de travailler (et de m’améliorer aussi, j’espère ; à toi et aux lecteurs de me le dire ! 😉 ), c’est la forme. Cependant, grâce à l’aide de mon entourage, à des relectures incessantes et à tes corrections, j’ai pris confiance en moi et je me suis trouvé un style. Ce n’est pas du Molière (et tant mieux, j’ai envie de dire !), mais c’est suffisant pour s’imprégner et apprécier (et devenir accro pour certains…) l’atmosphère de mes mondes fantastiques…
Et si je pouvais lancer un conseil à mon moi de 2012 : « Arrête avec les adverbes !!! » C’est dur, mais je me soigne !

JC : Même si tu es une jeune auteure et que ton écriture a pu évoluer au long de la série, je dois admettre que je suis impressionnée par la cohérence de l’ensemble, la façon dont tu as réussi à créer une intrigue complexe sur cinq volumes et, surtout, à préfigurer dès les premiers tomes les révélations et rebondissements à venir. Sans vouloir te donner la grosse tête, cela m’a fait penser à J. K. Rowling… Comme je sais que nous avons publié les premiers tomes avant que tu ne finisses d’écrire les suivants, comment t’es-tu assurée que tout s’imbrique parfaitement ? Est-ce que tu avais un plan détaillé des cinq tomes dès le début du projet ? Est-ce que tu prenais des notes des éléments importants au fur et à mesure ?
FG :
Waouh ! OK, je vais prendre la grosse tête ! JK Rowling, rien que ça… 🙂 Pour être plus sérieuse, je peux vous l’avouer : je n’ai jamais rien noté (mon chéri me prend d’ailleurs pour une Martienne ! 🙂 ), fait un plan ou quoi que ce soit d’autre de ce genre pour préparer mon livre. En écrivant le tome un, je n’avais aucune idée de comment évoluerait mon intrigue : Lexie allait-elle mourir, qui serait le père de son enfant, l’histoire de l’Atlantide, Lucifer en grand méchant, la dissension au sein des anges… rien de tout cela n’était prévu ! Je me contente de m’installer devant mon ordinateur et d’écrire. Les idées se succèdent dans mon esprit au fur et à mesure que j’écris les mots… Quant aux idées principales, elles me viennent à tout moment (souvent avant de m’endormir ou en me réveillant, quand j’ai l’esprit vide) et j’envisage plusieurs versions avant de les taper. Par contre, une fois les mots inscrits, il est rare que je revienne sur le fond. Après tout, l’intérêt de la fantasy, c’est qu’on peut tout inventer ! Et une chose est certaine, j’ai su depuis le début qu’il y aurait cinq tomes et que je voulais centrer chaque opus sur une race spécifique (sauf le premier, qui était l’introduction). Ainsi, le tome deux était dédié aux loups-garous, Le Cercle des Aînés aux vampires et « Elbereth » aux habitants de la Féerie. Quant à l’ultime tome, c’est le combat final (même si on en apprend beaucoup au sujet des démons) !

JC : Pour continuer dans tes qualités, tous tes chapitres sont d’une longueur comparable, et tous se terminent sur une forme plus ou moins aiguë de cliffhanger. Est-ce un rythme calculé ? Comment fais-tu pour qu’un chapitre ne s’éternise pas, tout en donnant du sens à la coupure ?
FG :
En fait, j’ai bien peur que cette louange ne résulte que d’un banal TOC ! 😉 J’aime que mes chapitres soient de la même longueur. Cela me permet de quantifier mon travail et, justement, de rythmer le tout comme je le désire. Ce n’est qu’une habitude à prendre, un repère qui me rassure. Et pour être honnête, j’adore la petite pichenette de fin de chapitre (j’y apporte une attention particulière) qui va donner au lecteur l’envie de lire le suivant. Et puis ils ne sont pas très longs…

JC : Même si tu as donné une vraie fin à Alexia Hope, tu n’as pas pu t’empêcher de nous allécher avec la possibilité d’une future histoire consacrée à Amélia. Est-ce un projet concret, ou juste une porte ouverte ? Est-ce que tu te lancerais dans une nouvelle série située dans le même univers (vu que tu as l’air d’aimer les séries), ou bien peut-être un livre unique ?
FG :
Amélia a du potentiel, je pense. Ce n’est qu’une idée, mais j’imagine déjà les surnaturels contre les humains, un… voire deux triangles amoureux… Enfin, bref, j’ai des idées qui ne demandent qu’à être écrites ; cependant, il me manque un élément essentiel à l’équation : le temps ! J’ai déjà Les Néo-Gaïens et je bosse aussi sur une trilogie concernant des sirènes… Donc, pour répondre à ta question, ce n’est qu’une porte ouverte pour l’instant. Toutefois, si j’ai la chance de pouvoir concrétiser ce rêve, ce sera bien évidement sous forme de série (je n’arrive pas à me limiter à un livre… trop de choses à développer).

Pimp_petitJC : En attendant, tu as déjà publié le premier tome d’une nouvelle série complètement différente, les Néo-Gaïens (même si les amateurs d’Alexia Hope y retrouveront des traits communs). Tu m’as dit que tu travaillais à la suite. Qui sera le héros du prochain livre ? Sais-tu déjà combien de livres tu comptes écrire ?
FG :
Je suis effectivement en train d’écrire la suite de mes chouchous, et les heureux élus sont… Vince et Clara ! Je sais que BigD a été plébiscité ; toutefois, je songe à lui pour le troisième opus seulement (enfin, si je ne change pas d’avis entre-temps 🙂 ). Quant au nombre de tomes, je ne sais pas encore. Autant que j’aurai d’inspiration, je suppose…

JC : J’ai beaucoup aimé le récit à deux voix de Pimp. Est-ce que tu comptes explorer d’autres tactiques de narration dans les futurs tomes ?
FG :
J’aime avoir le parallèle entre la passé et le présent, afin que le lecteur comprenne comment nos héros se sont retrouvés là. Ainsi, j’ai utilisé le journal intime de la mère de Pimp pour le premier livre (afin de comprendre l’évolution et les conséquences du virus sur le long terme), mais ce sera un peu différent pour les suivants. Par exemple, pour Clara et Vince, je vais accentuer l’histoire sur leur romance. Pour cela, je vais retracer certains moments clés de leur passé aux travers de flashbacks pour expliquer comment ils en sont arrivés à ce stade du « je t’aime/je te déteste », qu’ils vont devoir dépasser pour réussir leur mission. C’est un nouveau défi à chaque roman de la saga… 😉

Toute la série Alexia Hope ainsi que le premier tome de la série Les Néo-Gaïens sont d’ores et déjà disponibles chez tous les revendeurs.

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