Entretien avec Julie Forgeron

Entretien avec Julie Forgeron

Le 11 juin, les Éditions Laska ajouteront une nouvelle auteure à leur catalogue : Julie Forgeron. Après avoir dévoré ses premiers manuscrits, nous avons voulu en savoir plus sur elle…

Jeanne Corvellec : Beaux Gosses, Histoire-Géo et Fan-Attitude est la première partie d’une série centrée sur trois meilleurs amis (alias Le Trio infernal). Peux-tu nous les présenter ?
Julie Forgeron :
Sophia, Estée et Paul se sont rencontrés au collège. Ils sont comme une famille, ils connaissent tout les uns des autres, leurs qualités comme leurs petits travers. Ils s’envoient des SMS tous les jours, se voient régulièrement.
Sophia souhaite devenir prof d’histoire, elle a d’ailleurs fait des études pour cela, mais elle ne parvient pas à réussir le concours de CAPES. En attendant, elle vit de petits boulots et passe du temps avec ses amis et sa famille. Elle écrit aussi des fanfictions sur Napoléon et Louis XVI (oui, elle les met en couple dans des intrigues romantiques). Elle se repose beaucoup sur Estée, qui est un peu la forte tête du groupe.
Estée est LA fille sublime, seulement elle a dû se construire avec cette image qui biaise ses relations avec les autres. Les hommes la désirent et les femmes la jalousent. Elle a assez mauvais caractère et elle aime bien commander leur petite bande. Elle investit une grande partie de son temps pour aider ses proches.
Quant à Paul, le garçon du trio, il est gay et il rêve de vivre une belle histoire d’amour avec un hétéro. D’ailleurs, les filles tentent sans cesse de lui faire entendre raison, sans succès. Il a un vrai problème avec la saleté, mais il arrive assez bien à le cacher, sauf dans certains cas.

JC : Cet épisode a pour héroïne Sophia. Une chose qui m’a énormément plu dans ce texte, c’est à quel point Sophia paraît « vraie », réelle. Comment t’y es-tu prise pour créer ce personnage ?
JF :
Au départ, Sophia faisait partie d’une intrigue secondaire dans un autre de mes écrits, elle ne s’appelait pas ainsi et était à peine survolée. J’ai eu envie de parler de cette histoire sur un ton ton chick-lit. Sophia s’est imposée d’elle-même.
Quand j’ai commencé à créer des personnages, j’ai noirci des fiches et des fiches d’identité et au final, je me suis aperçue que je ne faisais que les remplir, car je connaissais mes personnages. Je travaille sur le côté psychologique, je réfléchis aussi aux raisons qui les poussent à agir. Je peux expliquer chacune de leurs décisions ou réactions par rapport à un évènement de leur passé ou de leur caractère.

JC : Depuis quand écris-tu ? As-tu, comme Sophia, écrit de la fanfiction ?
JF :
J’écris vraiment depuis sept ans, bien que j’aie tenu un journal intime durant toute mon adolescence et que je me sois toujours raconté des histoires dans ma tête. Le plus souvent, j’inventais la suite de mes séries préférées, voire de dessins animés quand j’étais enfant. Du coup, lorsque j’ai découvert la fanfiction, ça a été une sorte de révélation ; je pouvais écrire tout ce que j’imaginais et trouver des lecteurs. C’est ce qui m’importait le plus, avoir des lecteurs. Puis, sans que je sache trop comment, les personnages des autres ont arrêté de m’inspirer et les miens sont venus me harceler pour que je raconte leur histoire. Tout cela s’est fait naturellement.

TrioInf1_petitJC : Qu’est-ce qui t’a amenée à la chick lit ?
JF :
La lecture. Tout d’abord, je cite la grande Bridget Jones, mais aussi les romans de Sophie Kinsella. J’ai souvent du mal à apprécier les personnages féminins, sauf dans la chick lit où je me dis que l’héroïne pourrait vraiment être une copine. Ce sont des femmes qui me ressemblent avec leur questionnement sur l’amour, leur travail, leur famille, leurs amis. Le ton est léger, mais les sujets abordés sont parfois plus profonds : une page peut être amusante et la suivante, émouvante, et ceci juste avec des situations de la vie quotidienne.

JC : Peux-tu nous donner un aperçu de la série que tu prévois d’écrire ?
JF :
L’histoire de Sophia se joue sur les trois premiers épisodes, sur une période d’environ un an. Ensuite, je compte aborder la vie d’Estée.
Là, je n’ai pas encore commencé la rédaction, mais j’ai plein d’idées et je sais que d’autres vont apparaître. Le début de son histoire se passe en parallèle avec celle de Sophia, du coup je donne beaucoup d’indices dans le troisième tome. J’ignore combien d’épisodes il me faudra pour tout raconter ; au début, j’étais partie sur un seul épisode, mais il est possible que j’en écrive plus. Dans l’idéal, je souhaiterais en faire trois comme pour Sophia, mais je n’ai pas non plus envie de me forcer à en écrire trois juste pour coller à un modèle. Je dois vraiment me poser pour y penser sérieusement, faire un plan alors que je n’aime pas ça et que je ne les regarde jamais parce que j’ai toute mon histoire dans ma tête, mais je sens qu’ici, j’en ai besoin. Les intrigues s’emmêlent et ce serait dommage d’avoir des incohérences.
Pour Paul, comme il arrive en dernier (le pauvre), j’ai commencé à réfléchir, mais j’hésite encore sur la façon dont je vais le raconter, parce que j’ai très envie de donner le point de vue de son futur petit ami et, d’un autre côté, je souhaite aussi laisser la parole à Paul. J’opterai peut-être pour une alternance de point de vue.
Je suis donc encore en pleine réflexion sur la suite, mais il y aura forcément un épisode sur Estée et un sur Paul.

Les deux premiers épisode de la série de Julie Forgeron, Le Trio infernal, sont d’ores et déjà disponibles chez tous les revendeurs.

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