Entretien avec les auteures des nouvelles gagnantes

Entretien avec les auteures des nouvelles gagnantes

La seconde édition du concours de nouvelles prend fin ; c’est l’heure de vous présenter nos deux gagnantes ! La première place revient à Amelia la Scandaleuse, qui a été littéralement plébiscitée par nos abonné-e-s, et dont l’auteure n’est autre que… Pauline Libersart !

Je vous invite à découvrir l’interview que nous avions publié d’elle en juillet : Entretien avec Pauline Libersart, ainsi que ses parutions à venir, L’Homme de la sierra en septembre et Pour un instant d’incompréhension en octobre.

En deuxième place, avec Chimères, Gangsters et Informatique, nous accueillons une nouvelle auteure, que vous avez cependant peut-être déjà croisé sur le site : Amélie Voyard-Venant. Elle a accepté de répondre à quelques questions…

JC : Peux-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?
AVV : Je suis née en France en 1990, ce qui était très pratique pour calculer mon âge jusqu’en 2000 (maintenant il faut ajouter 10 ans, c’est beaucoup moins drôle). Je vis désormais en Irlande, où je jongle entre plusieurs boulots en attendant de devenir prof à plein temps — je compte enseigner le français et l’anglais dans le secondaire. Je cumule les passions, dont le cinéma (je partage ça avec Oliver), la littérature, les jeux vidéos, les séries télé… et l’écriture !

JC : Comment es-tu venue à l’écriture ?
AVV_auteur1AVV : J’écris depuis que je suis capable de tenir un stylo (ou, plus précisément, un feutre orange). Ma première œuvre, « Rino et Rina », l’histoire de deux tricératops rencontrant des « hommes de Cro-Mignon » (j’avais six ans), n’a pas obtenu le succès escompté, mais cela ne m’a pas découragée pour autant… Bien évidemment, j’ai mes périodes creuses, néanmoins c’est une passion qui ne m’a jamais quittée. Écrire est une manière pour moi de canaliser mon imagination, tout en servant de catharsis : il m’est arrivé de « débrider ma plume » pour surmonter des moments difficiles… et ça a marché. De fait, j’ai un rapport double avec l’écriture : parfois j’écris parce que j’en ai envie, parce que j’aime ça, d’autres fois c’est parce que ça me fait du bien. Et parfois, les deux se conjuguent !

JC : Tu suis Laska avec assiduité depuis son lancement, alors je suis très contente de te compter dorénavant parmi nos auteurs (je rappelle que les nouvelles étaient présentées anonymement aux votants). De ton côté, qu’est-ce que cela te fait d’avoir obtenu la deuxième place dans ce concours ?
AVV : D’abord : merci ! Devenir un « auteur Laska » me fait très plaisir également !
Il s’agit de ma première publication, j’ai donc l’impression d’entrer dans un tout nouveau monde à la porte duquel j’attends depuis longtemps. Je suis donc à la fois très enthousiaste et un peu nerveuse.
D’un côté, j’ai beaucoup travaillé cette nouvelle, utilisé ce que j’ai retenu du concours de l’année dernière mais aussi des autres publications de Laska côté romance, ainsi que, côté écriture, ce que m’a appris le forum CoCyclics. Je suis donc forcément contente de voir que tous mes efforts ont abouti. En soumettant la nouvelle, j’étais relativement contente de moi, j’avais l’impression d’avoir grandi depuis le dernier concours, et ce verdict le confirme (merci aux lecteurs !).
En revanche, cela signifie donc que mon texte va être présenté à un public plus large, avec un statut nouveau… et là, ça se complique ! Quand Chimères… a été révélée aux lecteurs de Laska, j’ai passé la journée à me ronger les sangs en attendant les premiers retours, plus que jamais, je crois. J’avais envie que le texte plaise, mais aussi hâte de voir les commentaires et les suggestions pour en déduire ce que je pourrais améliorer (sur ce texte, ou sur les prochains) quels que soient les résultats du concours. Lorsque la nouvelle sera publiée « pour de vrai », je n’aurai plus le droit de répondre « d’accord, je vais corriger ça » ! Je cumule donc l’angoisse de savoir comment le texte va être reçu (même si les commentaires du forum m’ont rassurée) et celle de ne plus pouvoir y changer quoi que ce soit passée une certaine date. Heureusement, j’ai encore quelques mois devant moi…
Quoi qu’il en soit, le sentiment général est plutôt positif, pour ne pas dire extatique !

JC : L’an dernier, tu nous avais soumis une nouvelle dans le genre fantasy. Quels sont tes genres/sous-genres favoris et/ou avec lesquels tu te sens le plus à l’aise ?
AVV : Sans aucune hésitation : les genres de l’imaginaire, en particulier la fantasy. Quand j’évolue dans mon propre monde, je n’ai pas à me soucier de réalisme. En gros, je ne me demande pas toutes les cinq minutes « est-ce que ça marche vraiment comme ça ? », « est-ce que c’est bien à ça que ressemble cette ville ? ». Bien entendu, je dois garder une certaine cohérence et me poser énormément de questions sur le fonctionnement de mon univers, mais la différence est que je détiens les réponses.
Par exemple, pour Chimères…, je décris des endroits dans lesquels je n’ai jamais mis les pieds, et ça m’a un peu angoissée par moments. J’ai passé beaucoup de temps sur Google Maps ! Cela ne veut pas dire que tous les détails doivent se trouver dans l’histoire, mais mon côté perfectionniste veut que, dans ma tête au moins, le monde soit crédible. Autant dire que je ne suis pas prête d’écrire de l’historique…
Une autre raison pour laquelle j’apprécie le fantastique et la fantasy : les créatures. J’aime avoir des personnages, principaux ou non, qui sortent de l’ordinaire. Fées, centaures, monstres… j’adore les écrire et les décrire. Surtout quand je peux m’inspirer de mythologies, connues ou non ! Je découvre d’ailleurs souvent beaucoup de choses au passage. Être fiancée à un Irlandais passionné de mythologie celtique, ça aide dans ces cas-là !
Ce qui est drôle, c’est que tout cela ne recoupe pas forcément ce que j’aime en tant que lectrice ! Bien sûr, je lis énormément de SFFF (surtout depuis CoCyclics), mais un petit tour dans ma bibliothèque révèlera une grosse part de thrillers et autres policiers… sans compter les « classiques » de tous poils !

JC : Ton héros, Oliver, possède beaucoup de références de la culture populaire. T’es-tu inspirée de ces mêmes références pour imaginer son personnage et son histoire ?
AVV : Inconsciemment, très certainement. Comme je l’ai dit, j’ai une passion pour les thrillers, et les goûts d’Oliver recoupent en partie les miens (il cite notamment Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, l’un de mes films préférés de tous les temps). En revanche, l’intrigue s’est construite pour ainsi dire toute seule, sans que je cherche particulièrement à y caser des références autres celles mentionnées par mon narrateur. Je n’ai pas spécifiquement cherché à faire d’Arthur un remake du quatermaster (Q) de James Bond, même si au final, c’est comme ça qu’Oliver le voit. Pour être honnête, je ne sais même plus d’où m’est venue l’idée des chimères !

JC : Est-ce que tu as pensé à la possibilité de nous raconter l’histoirev d’Arthur et de Lexie, alias Pixie, vu qu’Oliver nous a promis que ça prendrait un roman ?
AVV : Oliver et ses exagérations… peut-être pas un roman, mais une nouvelle ou une novella, oui ! Et pour répondre à ta question… oui aussi ! En fait, dès que j’ai eu mon « casting » de personnages en tête, j’ai pensé à en faire une série de trois ou quatre nouvelles se concentrant sur différents couples… dont celui d’Arthur et Pixie, que j’aime tous les deux énormément. Une partie de moi a envie de dire « je vais attendre les avis sur Chimères, voir si ça intéresserait les lecteurs », bref, envie d’être raisonnable… tandis que l’autre partie a déjà un titre et un début d’intrigue. Bref, si j’ai un peu de temps et que la plume me démange, je ne doute pas que leur histoire sera couchée sur papier. Est-ce qu’elle sera lue ? Ça, c’est encore autre chose…

La nouvelle d’Amélie Voyard-Venant, Chimères, Gangsters et Informatique, est disponible depuis le 23 janvier 2014, et celle de Pauline Libersart, Amelia la Scandaleuse, le sera dès le 20 février 2014 via l’abonnement.

10 commentaires
  1. Ouais ! Bravo aux gagnantes !

  2. Merci encore à tout le monde !! Je suis super contente ! Et bravo à Pauline, il me semblait bien que le style m’était familier ! Et en prime, c’est ma nouvelle préférée du concours qui a gagné ! Félicitations !!

    Et c’est bien sûr une fois l’interview publiée que je me rends compte que j’aurais dû préciser dans l’avant-dernière question que le titre de ma nouvelle était un hommage au film de Guy Ritchie, « Arnaque, crime et botanique » (« Lock, Stock and two smoking barrels » en VO). Rendons à César ce qui appartient à César…

  3. Félicitations aux deux gagnantes !

  4. Félicitations aux deux gagnantes ! 🙂

  5. Félicitations aux gagnantes !
    Et décidément, je suis conquise par la plume de Pauline ! 🙂

  6. Bravo aux deux grandes gagnantes, mais félicitations aux autres également, qui ont eu le courage de faire face à la critique, ce qui n’est pas toujours facile à faire!

  7. Ben voilà ! Ce sont mes deux préférées qui gagnent ! Que demander de plus ?
    Bravo aux gagnantes dont je n’aurais jamais deviné l’identité !!!
    Moi aussi je peux dire que j’aime ce que fait Pauline, quant à Mélie elle a un style que j’adore.

  8. Félicitation à toutes les deux. Ces nouvelles sont un très bon cru ! ^^

  9. Félicitations aux gagnantes, et à toutes les participantes.

  10. Félicitations aux gagnantes ! Gros coup de coeur pour Amelia la Scandaleuse alors dès que j’aurais (enfin) ma liseuse je me jetterai sur tes autres productions Pauline 🙂

Laisser un commentaire