Entretien avec Viviane Faure

Entretien avec Viviane Faure

N’oubliez pas que vous pouvez désormais envoyer vos propres questions aux auteurs ! Les interviews à venir sont annoncées dans le forum Autres événements. Sur ce, je laisse la place à l’auteure de notre prochaine publication, Viviane Faure.

Jeanne Corvellec : Depuis quand écris-tu ? Y a-t-il eu un élément déclencheur, des caps importants dans ta démarche d’écriture ?
VF : Petite, le français était ma matière préférée car on y faisait des « rédactions », des exercices d’écriture créative, en fait, même si, à l’époque, ce terme ne me disait rien. Quand j’ai eu seize ans et que les exercices d’invention ont disparu au profit des dissertations et commentaires de textes, je me suis (enfin !) rendu compte que je n’avais pas besoin d’un cadre scolaire pour raconter des histoires. Je me suis lancée dans plusieurs débuts de romans jamais terminés — et qui me font rougir quand je les relis — et puis, plus raisonnablement, quelques nouvelles que je faisais lire à mes amies.
En 2006, j’ai découvert la fanfiction et ça m’a permis de m’adresser à un public bien plus large. Ça a complètement changé ma manière d’écrire, surtout que la fanfic se prête très bien à une publication en feuilleton. J’ai donc pris l’habitude d’avoir des retours de lecteurs entre chaque chapitre, ce qui m’a permis d’orienter mes histoires selon ce qui fonctionnait ou ne fonctionnait pas, de rectifier quand je prenais une mauvaise direction. Je me suis aussi beaucoup amusée à créer des cliffhangers, sachant que j’avais un public très réactif à ce genre de choses.
Petit à petit, j’ai eu envie de recommencer à écrire sur mes propres personnages, mes propres univers. J’ai publié un certain nombre de textes sur Internet, et puis j’ai commencé à répondre à des appels à textes.

JC : Comment en es-tu venue à t’intéresser à la romance ?
VF : J’ai toujours aimé les histoires d’amour. Dans les romans qui ne sont pas des romances, j’adore quand il y a néanmoins une intrigue sentimentale en parallèle.
Chez ma mère, il y avait quelques romans Harlequin que j’ai relus tellement de fois que je les connaissais par cœur. C’était des romans qu’on lui avait offerts, c’était pas le genre de livres qu’elle achetait elle-même, et du coup, il n’y en avait que quatre ou cinq dans une bibliothèque pourtant bien fournie. Du coup, je les relisais encore et encore.
Avec la fanfiction, je me suis rendue compte que ce que je préférais écrire, c’était effectivement des romances. À l’époque, j’ai vraiment regretté que le seul éditeur qui publiait de la romance en France ne faisait en fait que traduire des romans anglophones, et je me disais que je devrais me contenter de publier mes histoires gratuitement sur le web.
Quand j’ai entendu parler de Láska pour la première fois, je me suis dit que ce genre d’initiative était pile ce qu’il me fallait, tant comme lectrice que comme auteure.

Amélie Voyard-Venant : Salut ! Histoire d’en savoir plus sur toi : sur Facebook, tu mentionnes que tes genres préférés sont le contemporain et la romance M/M. Pourquoi ? Est-ce que ça concerne seulement l’écriture ou la lecture aussi ?
VF : Oui, c’est aussi les genres que j’aime lire le plus, en effet.
J’aime le contemporain parce que, d’après moi, c’est un genre où on est moins susceptible de se retrouver avec de gros clichés. Les auteurs ont davantage la possibilité de piocher dans leur réalité, et donc risquent moins de répéter les scénarios tous faits lus ailleurs. On peut innover plus facilement, il me semble, avec le contemporain.
Le M/M, parce que ça permet de sortir complètement du cliché du mec bad boy macho vs la petite héroïne vierge et gentillette. Une relation entre deux hommes permet de se placer sur un rapport d’égalité qui me plaît beaucoup, mais aussi de jouer sur nos perceptions du genre, des rôles assignés à chacun dans la société, tout ça.

AVV : Ton premier texte publié (chez Laska en tout cas) est une nouvelle. Est-ce que c’est le format dans lequel tu écris d’habitude (tu mentionnes « des nouvelles » sur ta page Facebook) ou est-ce juste le hasard des appels à texte ?
VF : Oui, c’est mon format de prédilection, tout simplement parce que je trouve rarement l’énergie de me lancer dans un roman. Ou plus exactement de finir un roman. J’ai besoin d’avancer vite et de pouvoir terminer rapidement l’histoire que je veux raconter. Si je fais une pause trop longue, je m’en lasse et je n’aime plus ce que j’ai fait, du coup, je ne termine jamais. Les nouvelles, j’essaie de les écrire vite, sur deux ou trois semaines maximum, ce qui me permet de ne pas m’enliser.
Du coup, les appels à texte comme ceux lancés par Láska dernièrement, c’est parfait pour moi, parce que ça me donne un thème, un nombre de mots à viser, et une deadline pour m’obliger à être productive.

AVV : Quelles sont tes petites habitudes d’écriture, tes trucs pour booster la productivité (si tu en as) ?
VF : Thé et chocolat, ça, c’est un impératif.
Ensuite, me fixer des objectifs clairs, ça m’aide. J’essaie de participer au NaNoWriMo chaque fois que je peux, et, en dehors du mois de novembre, j’utilise souvent le même type de graphique avec une courbe qui représente le nombre de mots à écrire chaque jour.
Et puis quand je bloque dans mon intrigue, je raconte mon histoire à mon copain. Généralement, le simple fait de la dérouler à l’oral et puis d’en parler avec lui me permet de voir ce qui ne va pas et comment débloquer la situation.

AVV : J’aime beaucoup les prémisses de ta nouvelle, ça promet. Tu connais Hamburg/l’Allemagne ? Qu’est-ce qui te plaît dans ces lieux, pourquoi les avoir choisis ?
VF : Je n’ai jamais été à Hamburg, mais j’ai vécu un an en Allemagne, dans le cadre d’un échange Erasmus. J’ai choisi une ville que je ne connaissais pas pour ne pas faire de cette histoire quelque chose de trop personnel. Pour compenser ça, j’ai fait pas mal de recherches. J’ai cherché des photos et je me suis baladée dans les rues d’Hambourg via Google Earth, c’était assez marrant. Je connais un peu l’autre ville où se déroule mon intrigue, Rennes. Ça permet de donner facilement de la consistance aux lieux.
J’avais envie de raconter l’histoire d’un couple avec deux personnes de nationalités différentes, de langues différentes. Pour moi, c’est une grande source de richesse, d’échange : la rencontre de deux cultures différentes. Et puis ça fait voyager mes personnages, c’est quelque chose qui me plaît, surtout quand je mets en scène des personnages très jeunes comme c’est le cas ici. Outre la romance, je voulais raconter une histoire où mes personnages grandissent, dans la lignée des histoires de « coming of age », ou romans d’apprentissage. Je suppose que je m’inscris donc dans ce nouveau genre qu’est le « New Adult ». Le fait de voyager, de partir de chez soi pour découvrir quelque chose est une étape essentielle dans ce genre d’histoire, d’après moi.

AVV : C’était quand et comment, ta première rencontre avec le M/M ?
VF : J’ai déjà mentionné l’importance qu’avait eue la fanfiction dans ma démarche d’écriture.
Très clairement, c’est la fanfiction qui m’a fait découvrir le M/M. Pour une raison ou une autre, les romances entre deux hommes sont complètement mainstream au sein de ce petit monde. J’ai lu mes premières romances M/M par curiosité, et puis je suis devenue complètement accro. Au niveau de l’intrigue, j’aime les dynamiques qui se mettent en place, et puis, avouons-le, deux mecs ensemble, je trouve ça très sexy dans les scènes chaudes.
Tout naturellement, je me suis mise à lire les romances M/M publiées de mes auteures de fanfics préférées (en anglais), et puis j’ai commencé à en écrire aussi.

AVV : Tu as d’autres publications de prévues, ici ou ailleurs ?
VF : Oui, étonnamment, j’ai eu envie d’écrire une nouvelle de romance historique pour l’appel à textes de Láska sur ce thème. Je dis étonnamment, parce que ce n’est pas du tout mon genre de prédilection, à priori. Mais j’ai choisi une période pas trop éloignée dans le temps — les années 50 — et un thème qui m’intéressait énormément — la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Je me suis beaucoup inspirée de l’histoire de Rosa Parks : en fait, j’ai imaginé que mon héroïne commettait le même acte de désobéissance civique qu’elle, mais avec des conséquences bien différentes.
À part ça, j’ai envie d’écrire des histoires qui s’inscriraient dans le même genre de cadre que Le correspondant inattendu. Des histoires de jeunes gens qui voyagent, font des rencontres, apprennent à aller vers l’inconnu… et qui trouvent l’amour en chemin, bien sûr !

Toutes les publications de Viviane Faure aux Éditions Laska sont disponibles chez votre revendeur d’ebooks.

2 commentaires
  1. Merci d’avoir répondu à mes questions 🙂 Ta romance historique m’intéresse, j’ai hâte de voir ce que ça va donner ! Même chose pour Le Correspondant inattendu, bien sûr.

    Je crois qu’on est plusieurs ici à être passées par (voire à être toujours dans) l’univers de la fanfiction… personnellement, c’est aussi comme ça que j’ai découvert le M/M ! Et j’en ai retiré beaucoup d’autres choses…

    • Oui, tu n’es pas la première à me dire être passée par la fanfic. Ca a vraiment été une étape décisive pour moi ! 🙂

      On devrait bientôt être en mesure de vous en dire un peu plus sur ma romance historique. ^^

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