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Auteur Discussion:Que penser de l’auto publication ?
Roanne
... un peu
Messages: 36
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 12/08/2013, 05:34
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Pour ma part, j'ai auto-édité sous format numérique mon premier roman, ce que j'espère ne plus avoir à faire avec les suivants. Je peux donc partager mon expérience, désolée si c’est un peu long (hum !).

La raison pour laquelle je me suis orientée vers l'auto-publication :
- Mon premier roman, malgré tout le travail que j'y ai consacré, un cycle de correction CoCyclics, d'autres passages de corrections pour lisser et réduire le volume, possède des caractéristiques, en particulier dans sa construction, qui ne séduisent pas les éditeurs.
- De plus, il ne rentre dans aucune case préétablie de genre : c’est de la fantasy, mais écrite comme un roman de chick-lit et avec un rythme, un détail du quotidien, qui rappellent un roman de terroir, de ce fait, j’avais très très peu d’éditeurs chez qui l’envoyer dès le départ pour une question de correspondance aux lignes éditoriales.
- J'ai reçu des retours détaillés dont je me serais bien passée (douloureux, ce n'est pas rien de le dire). Du coup, ça m'a un peu cassé les ailes et je n'ai pas eu le courage de l'envoyer à d'autres éditeurs, surtout que pour la peine, je ne voyais pas qui serait intéressé (problème de ligne édito, toujours.
- Pour autant, je ne pouvais pas le « placarder » puisque des amis et des connaissances voulaient le lire.
J’ai donc choisi de l’auto-publier.

Pourquoi le numérique :
- C’est rapide à mettre en œuvre.
- Ça ne coûte rien.
- Au contraire, ça permet de récupérer un peu de sous, ce qui dans mon cas m’a servi à soutenir une association de protection animale (je ne fais pas ça par appât du gain).

La préparation avant publication :
- La couverture est vitale, cette étape « marketing » est indispensable pour les futures ventes.
- La mienne a été réalisée par un illustrateur pro, qui a aussi géré la partie infographie (c’était son premier travail pour un roman numérique, donc il s’en est bien sorti !).
- Pour réaliser le fichier epub, j’ai été très soigneuse sur la mise en forme de mon roman en format .docx et j’ai utilisé Calibre pour le convertir en .epub ; pour le .mobi, Calibre ne donnait pas un résultat satisfaisant (problèmes d’affichage de la couverture) donc une amie me l’a fait sur un autre logiciel (payant, que je n’avais pas les moyens de m’offrir).
- J’ai rédigé une 4ème de couverture longue qui présente bien l’univers et le style, car c’est l’avantage de la promo numérique, on peut se le permettre (on n’est pas limité en place).
- J’ai choisi avec beaucoup de soin les mots clés associés au roman.

Quelles modalités ?
- Via mon blog pour le format .epub (c’est pas ce biais que j’ai le plus vendu, accessoirement).
- Via Kobo pour le format .epub .
- Via Amazon pour le format .mobi.

Mes impressions sur la diffusion / distribution :
- C’est capital, puisque c’est la source de visibilité qui permet de toucher des lecteurs inconnus.
- Amazon et Kobo sont les seules plateformes faciles d’accès ouvertes aux auteurs auto-publiés, mais si les auteurs en question n’ont pas déjà un nom, les ventes sont quasi inexistantes et il est très difficile de récupérer ses deniers.
- Il est donc très très très (très très) difficile d’être visibles et de faire des ventes.
- Ok, il y a des buzz autour de certaines œuvres, mais cela reste, de mon point de vue, des « accidents ».

Côté auto-promotion :
- Sincèrement, ce n’est pas mon métier et j’ai même horreur de ça, mais je fais de mon mieux (le problème étant que je ne peux pas y consacrer trop de temps non plus).
- Du coup, à titre personnel, je me sens souvent très isolée et rien que pour ce pan-là, j’aimerais être soutenue par un véritable éditeur.
- J’ai ouvert des fils de promo sur les forums que je fréquente.
- J’ai mis en valeur mon roman sur mon blog.
- Je me suis inscrite à Adopte Un Auteur (expérience géniale !)

Côté relation avec les lecteurs :
- J’ai donc eu peu de lecteurs, vous vous en doutez : auteure inconnue, sans éditeur, noyée dans la masse de l’auto-publication (celle-ci souffre de son image).
- Par contre, la relation que j’ai avec les lecteurs de mon roman est extraordinaire !
- Certains m’ont écrit pour simplement me dire qu’ils ont aimé ou adoré, certains pour discuter. -- D’autres n’ont pas hésité à me relever les défauts du roman, les points qui les ont déçus ou peu convaincus, ce qui me permet d’en tirer des leçons.
- Du coup, côté aventure humaine et relation auteur-lecteur, je ne regrette rien !
- Il aurait vraiment été dommage que je place mon roman dans un placard quand je découvre l’enthousiasme de certains lecteurs…[/list]

Du coup, je travaille actuellement sur sa 2ème partie, en espérant une mise en ligne avant la fin d’année, pour octobre si possible.

Et j’ai fait imprimer des cartes pour pouvoir gribouiller une dédicace bien réelle aux lecteurs qui en souhaitent une, ce qui resserre encore un peu plus les liens que j’ai avec eux.

Conclusion :
L'auto-publication, à moins d'avoir un nom et une réputation qui apportent un flux quasi-spontané de lecteurs, reste à mes yeux une "solution de dernier recours".
Je ne le referai pas, mais je ne regrette pas car ce fut une chouette expérience, qui m’a beaucoup appris et qui a donné sa chance à un roman qui a trouvé son public.
Maintenant, je stresse pour le Livre 2 : j’espère ne pas décevoir les lecteurs qui ont aimé le Livre 1… Ce n'est pas le plus facile à gérer.
Désolée pour la longueur de mon retour d'expérience, j'espère juste que cela pourra servir à d'autres.

Jeanne
Modérateur
Messages: 545
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 21/08/2013, 12:55
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Pas de lien direct avec le dernier message, très informatif (merci !), mais plutôt une réflexion qui m'est revenue récemment au sujet de l'auto-publication.

En fait, cela concerne l'idée que finalement, la seule vraie différence entre être édité chez un éditeur et s'auto-éditer, c'est qui fournit l'argent et le temps nécessaire. Dans le premier cas, ce serait l'éditeur, et dans le second, ce serait l'auteur. Mais concrètement, le travail effectué resterait le même, et par conséquent, le résultat aussi.

En théorie, je suis d'accord. Je pense que ça tient. En théorie.

Le problème, si l'on pense ça, c'est que rien ne justifie que l'éditeur puisse se faire du profit sur l'oeuvre de l'auteur, du moins pas en fonction du chiffre de ventes. Si l'éditeur est simplement la personne qui avance l'investissement et procure la main d'oeuvre, alors il ne devrait recevoir que le remboursement de son investissement (avec intérêt, éventuellement, mais lui aussi fixé d'avance) et le paiement pour la main d'oeuvre. Or l'éditeur profite directement sur les ventes. Pourquoi ?

Cela pourrait justement être un argument pour justifier que l'édition est une arnaque et qu'il vaut mieux s'auto-éditer. Mais alors il n'y a plus d'équivalence, comme on parlait plus haut : il y a une situation meilleure qu'une autre.

On pourrait aussi dire que c'est une sorte de compensation pour le risque encouru. Après tout, j'ai parlé de profit, mais si les ventes sont trop basses, il y a aussi perte pour l'éditeur.

Mais cela ne cadre pas davantage avec l'idée que l'éditeur n'est qu'un simple fournisseur (d'argent, de temps). Et justement, pour moi, il ne l'est pas. Si tout ce que je suis pour mes auteurs, c'est une banque et une main d'oeuvre, alors j'aimerais pouvoir leur imposer mes tarifs en fonction. Ça reviendrait à une sorte de compte d'auteur en différé.

Sauf que j'ai la prétention de croire que le métier d'éditeur va bien au-delà d'un simple investissement financier et du temps passé. Qu'il inclut certaines compétences qu'un auteur n'a pas de raison de posséder. Bien sûr, en théorie, il n'est pas impossible qu'il les possède. Mais jusqu'à ce qu'il fasse ses preuves en tant qu'éditeur, "moi aussi je peux le faire" n'est pas un argument valide à mon sens.

Je dis cela en réalisant qu'il me reste moi-même à faire mes preuves en tant qu'éditrice. Raison de plus pour être agacée que des gens qui, ayant fait encore moins que moi, pensent qu'ils pourraient faire beaucoup mieux.

Qu'est-ce que ça veut dire, "faire ses preuves" ? Pour moi, c'est quand l'édition devient une activté dont on peut vivre. C'est mon but, en tout cas.

Après, évidemment, tout dépend du but que l'on poursuit en tant qu'auteur. Je pense que l'auto-édition se justifie dans certains cas, tout comme l'édition à compte d'auteur (j'assimile les deux à priori ; la différence pour moi est dans le premier cas, l'auteur fait tout lui-même à partir de zéro, tandis que dans le second, il peut bénéficier d'une strucutre qui roule déjà... mais il doit aussi en payer le coût supplémentaire).

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

laurent.P
... beaucoup
Messages: 68
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 21/08/2013, 14:42
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Je pense qu'un éditeur est tout de même plus efficace qu'un particulier en auto-édition, ne serait-ce que pour la promotion du livre et sa publication. J'ai pas mal discuté avec des auteurs en A-E et la plus part rament. Ils sont obligés de courir partout et de dépenser une énergie autant intellectuelle que physique, qui pour la plus part d'entre-eux, ne vaut vraiment pas le coup (Je ne fais qu'écrire ce que j'ai encore entendu dimanche).
Peut-être est-ce plus facile avec les livres numériques, puisque beaucoup d'auteurs s'occupent de leur pub eux-même, mais je pense qu'ils ont ou auront envie de voir un jour leur livre sur un support papier et là, c'est une autre histoire...

SuzanneRoy
... passionnément
Messages: 183
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 21/08/2013, 15:39
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Il faudrait vraiment faire un billet là-dessus, j'ai plein d'idées tiens... faut que je structure...
je reviendrai alors 😉

mon blogue . twitter

Marie
... beaucoup
Messages: 95
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 07/09/2013, 12:54
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Merci à Roanne pour la relation de son expérience en auto-publication, c'est très fourni; très détaillé, avec les avantages et les inconvénients. Et non, ce n'est pas trop long.
Perso, je ne me sentirais pas la "carrure" pour me lancer là-dedans. Une amie l'a fait et je l'admire d'assumer autant de casquettes. En fait, elle en avait marre d'attendre des réponses d'éditeurs et de devoir respecter leurs desiderata
Pour s'auto-publier, comme dit Roanne, il faut d'abord avoir un solide réseau d'amis et de lecteurs, sinon on est noyé dans le fleuve Amazon.

SuzanneRoy
... passionnément
Messages: 183
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 07/09/2013, 13:19
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Pour s'auto-publier, comme dit Roanne, il faut d'abord avoir un solide réseau d'amis et de lecteurs, sinon on est noyé dans le fleuve Amazon.

Tout n'est pas vrai et tout n'est pas faux. Selon le genre publié, selon le prix et la longueur de l'oeuvre, etc. Ça compte. En érotisme, ça se vend plus. En romance, il faudrait quelques piments et une couverture... olé ! C'est bête, mais ça fonctionne. Désolée de ne pas mettre d'exemple, mais je vous assure que c'est vrai (et sans réseau, ça peut marcher).

Une auto-publication versus une publication chez un petit éditeur, il n'y a pas beaucoup de différences (il y en a, je ne le cache pas: la correction, la couverture, le travail dit "technique", etc.) Quelqu'un d'un peu technique parviendra à faire un bon bout dans ce sens-là. Oui, il y a des couvertures affreuses sur amazon, mais dans le top10 aussi, du coup... est-ce vraiment rédhibitoire? (pour moi oui, mais pour les autres?) Quelqu'un qui y met du sien parviendra sans mal à mettre son oeuvre sur amazon, à faire une couverture "potable", etc. Après... ça ne fait pas tout.

Pour la visibilité, il faut compter sur la maxime : l'union fait la force (en édition, même à petite échelle, les uns font voir les autres, vos amis sont mes amis, etc.) alors que seul, il faudra user de stratégie (ex: laisser son oeuvre gratuite pendant x temps pour avoir des lecteurs, des commentaires, puis faire grimper son oeuvre dans le top quelque chose).

Il y a une tonne de petites choses à penser dans l'auto-édition. Il y a des histoires d'horreur comme de belles histoires, tout n'est noir ou blanc (heureusement, d'ailleurs). C'est bien pour certains, pas pour d'autres. Je crois que l'important, c'est d'assumer ce choix.

mon blogue . twitter

Manon
... beaucoup
Messages: 99
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Publier Re: Que penser de l’auto publication ?
le: 08/09/2013, 06:38
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Merci à Roanne, son post répond à toutes les questions (non techniques) que je me posais sur l'auto-publication.
C'est la solution ultime lorsqu'on a pas pu être publié par un éditeur (roman atypique, inclassable, etc...) mais qu'on est persuadé que son "oeuvre" a des qualités et pourrait trouver son public.
Dans l'experience de Roanne, ce qui est positif c'est que son livre a rencontré ses lecteurs. Parfois ça suffit à un auteur débutant pour se donner le courage de continuer. Bien sûr, il vaut mieux passer par un éditeur si on a la chance de pouvoir le faire mais cela implique de suivre une ligne éditoriale.
De plus, il ne faut pas se leurrer, même si on publie sur les plateformes gratuites, il faut envisager un minimum d'investissement (corrections, couverture, promo) donc de l'argent.
Il est dommage que l'image du livre auto-publié soit si mauvaise, sans doute à cause de la qualité médiocrité de certaines publications (fautes d'orthographe, de mise en page etc). Par contre, par ce moyen peut-on espérer se faire remarquer d'un éditeur que le livre pourrait intéresser ? Est-on assez visibles ou noyés dans la masse ? N'est-ce pas comme jouer au loto ? L'espoir fait vivre...

[plumeetclavier@hotmail.fr]

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