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Auteur Discussion:Ask the Editor: mieux comprendre le métier d'éditeur
Jeanne
Modérateur
Messages: 545
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Publier Ask the Editor: mieux comprendre le métier d'éditeur
le: 01/08/2013, 18:14
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Je relisais tantôt la série Ask the Editor sur Smart Bitches, Trashy Books, et cela m'a frappée à quel point, à ce stade de développement de Laska, j'arrive soudain à m'identifier aux réponses de l'éditrice interrogée. Du coup, je pense que c'est une lecture qui en vaut la peine pour qui veut mieux comprendre comment ça fonctionne dans les coulisses...

C'est en anglais, mais j'ai traduit des petits bouts :

Ask the Editor: Lots of Questions, Lots of Answers

Lisez-vous les chroniques de blogs et les commentaires de lecteurs ? Si oui, leurs retours influencent-ils comment vous achetez et éditez les prochains livres ?
Je pense que les lecteurs sont frustrés de prendre le temps d'exprimer leur déplaisir vis-à-vis d'un cliché, d'une intrigue, d'un personnage ou même d'une couverture au point où les lecteurs ne veulent plus jamais voir "cela". Or "cela" réapparaît l'année suivante, comme si les opinions des lecteurs ne comptaient pas.

Ask the Editor: Nous lisons certaines des chroniques — celles que nos auteurs nous font suivre et celles que l'on trouve en ligne. ...
Cependant, quelques éléments — n° 1, il n'y a pas assez d'heures dans une journée pour lire toutes les opinions. C'est un fait. Il y a aussi quelques auteurs qui ne pourraient pas obtenir une bonne chronique dans PW (Publishers Weekly ?) si leur vie en dépendait, alors je m'intéresse surtout aux chiffres de vente. En outre, vous voyez seulement les commentaires des personnes qui se préoccupent d'acheter et ensuite de poster une chronique. Je vois les résultats de toutes les personnes qui ont acheté le livre.
n° 2, il y a un décalage temporel. Au moment où nous apprenons que vous avez détesté les livres 1 et 2, nous sommes généralement en train de travailler sur les livres 3 et 4. Donc changer de direction peut être comme changer la direction d'un bateau de croisière. Lent et prudent. Pas aussi lent qu'avant, cela dit, et les publications numériques et en romance sérielle sont beaucoup plus rapides.
n° 3 — exemple tiré de la vraie vie. Dans mon propre travail, nous avions une auteure établie qui a publié un livre que les consommateurs ont DÉTESTÉ. Pas juste un peu, non plus, et ils nous l'ont fait savoir par leurs décisions d'achat. Donc nous avons été honnête avec elle, et lui avons dit que continuer dans ce style spécifique d'histoire n'était dans l'intérêt de personne et nous avons changé de direction avec un nouveau contrat. Mais elle a continué à nous envoyer des chroniques de lecteurs (tous les 2 1/2 qu'ils étaient) qui voulaient plus de ce genre de livre. Aurions-nous dû les écouter ? Je pense que non.
n° 3,5 — Il y a souvent un style de livres qu'un auteur (et éditeur) adore, et ils ne veulent pas changer de direction. Et à moins que vous ayez une preuve énorme de ventes qui puisse les dissuader, insister pour qu'ils arrêtent d'écrire leur série à l'instant même peut endommager une relation que tu cherches à préserver. Cela peut prendre du temps d'obtenir des preuves dans les deux sens.

Est-ce que l'éditeur a son mot à dire pour acheter quelque chose de "différent" pour sa maison ?

Ask the Editor : Ça dépend ce que vous entendez par différent. Un éditeur de Soho Crime peut adorer Diane Mott Davidson, mais sa maison d'édition ne publie pas de polars situés aux États-Unis. Est-ce que Thomas Nelson (ndT : un maison d'édition chrétienne) va se mettre à l'érotica, juste parce qu'un éditeur aime ça ? Non. Ça ne peut pas aller à l'encontre de la mission de la maison. Mais il y a des histoires et des éditeurs qui connectent vraiment bien et dans ce cas, cela peut pousser une maison à franchir un pas qu'il n'auraient autrement pas franchi. Mais c'est au cas par cas.
Exemple tiré de la vraie vie — on m'a demandé un jour pourquoi nous refusions de publier de la romance Indo-Américaine (Desi). J'ai dit franchement à cette personne que c'était parce que nous n'en avions jamais reçu. Ce n'était pas la position de la maison, c'était que personne n'en avait jamais envoyé ! J'aurais adoré en acheter.

Comment un éditeur gère-t-il un auteur qui refuse d'effectuer les corrections demandées quand l'éditeur sait que le livre sera atroce si les modifications ne sont pas faites ? Deuxième partie : l'éditeur a-t-il la possibilité de dire que le livre ne sera pas publié si les corrections/modifications ne sont pas faites ?

Ask the Editor : Cela nous est arrivé à tous, et je compatis avec l'auteur, vraiment, mais certaines personnes ne peuvent pas s'en empêcher. Nous ne vous demandons pas de faire ces changements parce que nous vous détestons, ou parce que nous voulons détruire votre livre. Notre but est d'obtenir une version publiable sur les étagères. C'est, ou ce devrait être, un but partagé. J'ai eu des auteurs qui m'ont dit qu'ils "avaient refusé de vendre à leur ancienne maison leur prochain livre". Ou que leur ancien éditeur "ne comprenait simplement pas leur taaaaaaahhhhlent". Et je les ai rejetés. Personne ne veut embarquer dans ce processus long et ardu un auteur aigri.
Dans le cas que vous mentionnez plus haut, nous allons négocier et atteindre une sorte de compromis, avec un peu de chance. Tant que nous voyons tous les deux que des changements doivent être apportés, la façon dont on y arrive vous regarde pour la majeure partie.
Et oui, nous avons le droit de ne pas publier. Le paiement est effectué lorsque l'auteur fournit un manuscrit acceptable. C'est cet adjectif qui rend l'affaire si drôle. Il y a des cas très clairs — j'ai passé un contrat pour une romance, et vous me fournissez un livre de cuisine. Ou bien il y a les cas moins drôle où l'auteur a vendu une proposition et le manuscrit fourni est simplement... épouvantable. C'est difficile de prouver "inpubliable" au tribunal — cela se résume à "nous disons que c'est nul" et l'auteur adopte la position inverse. Je l'ai vu se produire et je l'ai fait se produire, surtout en "non-fiction". En fiction, il y a généralement quelque chose d'autre dans la vie de l'auteur qui rend la livraison difficile, alors occasionnellement, les deux parties s'entendent pour laisser le projet en jachère jusqu'à ce que l'auteur puisse se restructurer.

Ask the Editor: Questions and Answers, Part II

Quelle influence, si la moindre, ont les éditeurs par rapport aux auteurs qui en sont rendus à répéter la même formule, au point qu'en ayant lu un de leurs livres, on les a tous lus ?

Ask the Editor : Certains auteurs écrivent ce qu'ils écrivent, et c'est tout. Et si ce n'est pas cassé (par quoi j'entends, si les ventes suivent), pourquoi le réparer ? Il y a un certain confort pour une partie des lecteurs à revenir à une histoire dont on sait qu'elle se déroule selon le même schéma. Cela ne signifie pas que ces lecteurs ne lisent que cette personne, mais cette personne remplit un certain besoin auprès d'eux.

À quel point les éditeurs sont-ils résistants au changement ? La longévité de certains clichés les plus problématiques (le viol comme amour, pas d'héroïne de plus de 30 ans, une dynamique du pouvoir déséquilibrée, une insistance pour que l'héroïne soit vierge) me mène à croire que toute tentative de changer radicalement serait rapidement étouffée.
Je pense que les fans de romance adoreraient voir des héroïnes plus progressistes, alors je ne peux qu'imaginer que leur pénurie doit venir de restrictions éditoriales. Suis-je complètement à côté de la plaque ?

Ask the Editor : Ce serait le bon moment de dire : les éditeurs n'EMPÊCHENT pas les éléments progressistes d'être publiés. Écrivez-en, bon sang, et envoyez-les. Si ce n'est pas atroce (et croyez-moi, la plupart l'est), on l'envisagera sérieusement. Une partie du problème avec les changements de paradigme en romance, c'est que le livre devient une mission plutôt qu'une bonne histoire. C'est assommant pour tout le monde — ça devient moralisateur.

Ask the Editor: Questions and Answers, Part III

Ask the Editor: Questions and Answers, Part IV

Ask the Editor: Questions and Answers, Part V

À quel point les considérations commerciales dirigent vos acquisitions ? Je suppose que ça varie selon les éditeurs, voire selon les collections ?
Vous arrive-t-il de lire un manuscrit que vous adorez, mais que vous êtes incapable d'acheter, parce que les ventes envisagées n'atteignent pas un certain minimum ? D'où viennent ces chiffres ?

Ask the Editor : Nous n'acquérons pas de manuscrits pour perdre de l'argent. Nous les acquérons pour publier des livres que nous aimons, et pour que tout le monde puisse garder sa job. Est-ce que j'ai acheté des livres d'auteurs qui n'ont pas très bien vendu parce que je les adorais ? Oui. Un auteur. Pour peu d'argent et un faible tirage, et il avait au moins déjà fait ses preuves. Et je n'ai pas perdu d'argent dans l'affaire.
Cependant, nous nous retrouvons souvent à ne pas pouvoir acheter des projets particuliers. Ça fait partie du quotidien. Cela peut être parce que sans les droits pour certains pays (peut-être que le projet a été vendu au Royaume-Uni et dans la majorité de l'Europe avant d'atterrir chez moi), nous ne pensons pas pouvoir le publier de façon rentable. Cela peut être parce que l'éditeur en chef ne "le sent" pas. Ou parce que quelqu'un dans une réunion éditoriale a pensé que ça ferait un meilleur article de magazine qu'un livre. Ou parce que c'est trop "petit". Toutes ces choses sont arrivées. Ce que nous faisons quand nous arrivons en réunion éditoriale ou d'acquisition est un P&L (profit and loss, pertes et profits) — nous suggérons des titres comparables et nous regardons combien ils ont vendu (et où) et voyons combien nous pouvons offrir en nous basant sur le profit qui en découle. Ce n'est pas une science exacte, mais c'est ce que nous faisons.

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

Melie
... beaucoup
Messages: 104
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Publier Re: Ask the Editor: mieux comprendre le métier déditeur
le: 03/08/2013, 07:38
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C'est super intéressant ! Il faudra que je prenne le temps de lire les articles en entier...

"A half-read book is a half-finished love affair." David Mitchell, Cloud Atlas.

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