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Auteur Discussion:La virginité en romance
Jeanne
Modérateur
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Publier La virginité en romance
le: 27/09/2013, 13:30
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On ne l'avait pas encore abordée, celle-là, hein... 😀

Il se trouve que je suis tombée l'autre jour sur une interview que j'ai vraiment beaucoup aimé, d'une femme qui écrit son doctorat sur cette thématique, justement. Sa motivation vient d'une colère initiale contre les vierges pures et moralisatrices de certains types de romances (heureusement de moins en moins fréquentes), mais en lisant son analyse, je retombe sur une conviction que j'ai personnellement : les gens qui trouvent quelque chose idiot sont généralement les plus idiots pour n'avoir pas compris la raison de ce qu'ils critiquent. Y compris la virginité des héroïnes.

http://smartbitchestrashybooks.com/blog/virgins-in-romance-an-interview-with-jodi-mcalister

Pour reprendre les idées principales : la virginité des héroïnes est un raccourci textuel (j'adore aussi quand on parle de création comme symbolisme ; artistiquement, j'ai un gros rejet de tous les courants relevant du réalisme et du positivisme). En gros, la perte de virginité de l'héroïne avec le héros établit symboliquement un lien indéfectible entre eux et amorce le transfert de pouvoir qui mène au HEA.

C'est aussi un raccourci qui permet de désigner univoquement le héros comme héros pour l'héroïne.

Enfin, et c'est peut-être ce qui m'a le plus frappée, si les héroïnes vierges sont en déclin, elles sont remplacées par des figures tout aussi artificielles et qui remplissent exactement la même fonction : les héroïnes ignorantes et inexpérimentées, qui n'ont eu que peu de partenaires et/ou que des mauvais... avant le héros, bien sûr. C'est un cliché qui me fait autant hérisser les poils que celui de l'héroïne vierge, si ce n'est plus, puisque la virginité peut être le fruit d'une décision (que je respecte d'ailleurs), tandis que l'autre joue juste à 100 % sur une coïncidence improbable.

Et vous, que pensez-vous des héroïnes vierges ? Et des héroïnes pas-techniquement-vierges-mais-aucun-mec-bien-ne-s'est-jamais-intéressé-à-moi-caliméro-tu-nous-prends-pour-des-glandus-ou-quoi ?

Bien sûr, je généralise, alors que dans l'absolu, je pense que tout peut être traité. Mais réellement, parmi les facteurs qui rendent le "pas beaucoup d'expérience/pas de bonne expérience mais pour autant pas vierge" hautement peu probable :
- l'héroïne a plus de dix-huit ans (en fait, souvent plus de vingt ans)
- l'héroïne étudie ou travaille avec d'autres gens, donc est amenée à sortir de sa maison et à faire des rencontres au-delà de son entourage
- l'héroïne n'est pas trop moche (voire est jolie, voire très jolie ! de plus en plus irréaliste !)
- l'héroïne ne souffre pas d'un trouble mental l'empêchant de communiquer avec des étrangers et/ou de se lier aux autres (et même là, attention à l'excuse facile...)

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

Jo Ann
... passionnément
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Publier Re: La virginité en romance
le: 27/09/2013, 17:42
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Les héroïnes vierges ne me choquent pas, même si ce sont des jeunes filles modernes de plus de 18 ans qui font pas mal de rencontres. Il suffit d'un petit truc pour que ça coince pour elle : une éducation conservatrice, ou une ville où tout le monde sait ce que tout le monde fait, ou du mal à aller vers les gens, ou encore la honte. Pour certaines, le fait d'avoir attendu tout ce temps (dans l'attente de l'instant T qui n'est jamais arrivé) et d'être arrivé à un âge où on les regarde avec des grands yeux « tu es encore vierge ?! Comment ça se fait ?! », peut être source d'embarras, et pourtant, elle ne sont pas plus timides ou asociales que la moyenne.
J'ai une héroïne vierge de 25 ans qui n'a jamais embrassé un homme par peur. Sa mère abusive y est largement pour quelque chose.
Et j'ai un héros qui arrive vierge à 20 ans, justement à cause de cette honte « comment se fait-ce ?! ».
Donc « hautement peu probable », je n'irai pas jusque là. 😉 Ils sont plus nombreux IRL qu'on ne le croit.

EDIT : pour les exemples de mes héros, la première est sûrement considérée une romance, mais paspour le second.
Je viens de me rappeler d'une émission de télé sur les mariages que j'ai vu il y a un moment. Il y avait un couple, largement la trentaine, qui allaient se marier 8 mois après s'être rencontrés. La mariée a dit, sans détour « nous sommes pratiquants donc chastes, c'est pour ça que nous avons hâte d'être au mariage, la situation commence à peser ». Ça vaut pour les trois religions du livre (me demandez pas quelles sont les émissions que je regarde...). Une ancienne camarade de classe a été fiancée pendant 4 ans avant de se marier l'année dernière. Vierge. Mais vu la façon dont on regarde/juge ces couples (pratiquants ET vierges), je comprends qu'ils partagent surtout avec les gens qui pensent pareil.

« Il n'y a pas de grande écriture, que de la grande réécriture. » Louis Brandeis
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Kira
... passionnément
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Publier Re: La virginité en romance
le: 28/09/2013, 11:09
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J'ai tendance à penser comme Jo Ann, sur ce coup-là : il a plus de personnes vierges qu'on ne le croit, mais il y a une telle pression sociale pour avoir une sexualité épanouie que peu vont s'en vanter...

Roanne
... un peu
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Publier Re: La virginité en romance
le: 08/10/2013, 09:27
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Pour ma part, je suis assez critique avec la figure du héros ou de l'héroïne vierge en romance parce que cela soulève des questions :
- est-ce vraiment (vraiment, j'insiste) important pour l'histoire, son intrigue ? (bien souvent, non, c'est juste un câble d'ascenseur de plus)
- cela permet-il une identification réelle des lecteurs ?

Sinon, dans ce que remonte Jeanne, il y a un truc que j'ai noté dans plusieurs lectures de romance réalisées ces 3 derniers mois : les ex sont toujours discrédités.
Ca me parait vraiment absurde. Comme si on ne pouvait pas avoir la chance de vivre plusieurs belles histoires. Comme s'il fallait rassurer absolument le nouvel amant, le légitimer, par ce biais. Je n'aime pas du tout ce principe qui consiste à comparer les différents amants / amoureux qu'on a pu avoir. En fait, je trouve que c'est un manque de respect, quelque part (surtout si les ex étaient des mecs bien, dans le cas inverse, évidemment, ça passe mieux).
Dans le même genre, j'ajoute que rien ne m'agace plus - quand c'est mal amené - que le nouveau légitime qui tient à savoir combien d'autres mecs sont passés sur sa copine avant lui... (l'inverse aussi, d'ailleurs) ; peut-être parce que j'estime que chacun a droit à un jardin secret et, du coup, je trouve ce genre de question, surtout en début de relation, très intrusive. Reste que certains auteurs ont l'art et la manière d'amener les choses, donc je n'en fais pas non plus une règle rebuttante systématique (cependant, ça me fera toujours grincer des dents, je pense).

idmuse
Administrateur
Messages: 19
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Publier Re: La virginité en romance
le: 08/10/2013, 10:27
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Je suis pour quand ça justifie, autrement, j'aime bien qu'on n'en parle pas dans l'histoire. Justement pour ne pas faire de "focus" sur les relations antérieures (quoique si le couple marche, le passé joue pour beaucoup, parfois), mais aussi parce que souvent, ça devient LA chose tellement importante que ça met le reste de côté (les sentiments comptent davantage à mon sens).
Mais je suis comme Roanne, si le texte me convainc, alors allez-y, surprenez-moi! Mais il arrive que ça me fasse tiquer (du genre, la fille a 24 ans et est vierge... bon... déjà, faut que j'y crois et la plupart du temps, ce n'est pas gagné.

Evelyne
... beaucoup
Messages: 113
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Publier Re: La virginité en romance
le: 08/10/2013, 10:49
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La virginité en romance, je ne suis ni pour, ni contre. Tout est fonction de l’histoire que l’on me présente. Par contre je rejoins Anne et Jo Ann pour penser que dans la vie réelle il existe effectivement plus de personnes qui préservent leur virginité qu’on le croit, mais que notre monde ne leur offre pas une place de choix, et donc, qu’elles se manifestent peu.

La romance me semble toujours avoir toute la latitude pour explorer différents chemins. Pour ma part, mes héroïnes, et mes héros, rentrent dans les deux cases. C’est en fonction de. Dans La colline de l’oubli par exemple, John et Chumani sont déjà expérimentés. Sauf que John va devoir sérieusement réviser ses bases à un moment donné, ce qui lui rend sa virginité d’une certaine manière. Dans la Petit Fée de Noël, je m’imaginais mal vous présenter une héroïne vierge. Vous comprendrez à la lecture que l’âge de la dame s’y opposait. À moins que celle-ci n’ait fait vœu de chasteté sur le long terme. Par contre, la nouvelle que je viens de terminer d’écrire, présente une jeune vierge. Là aussi, compte tenu de l’époque et de la situation très particulière de la jeune personne, je me voyais mal faire autrement. Ma novella en cours qui se passe entre Paris, Venise et le Brésil elle, met en scène deux personnes qui ne le sont pas, mais qui à travers leur parcours ont deux approches très différentes de la sexualité. Comme je le disais plus haut, tout est fonction de l’histoire.

Quant au fait de casser systématiquement du sucre sur le dos des ex, je suis d’accord avec Roanne pour penser qu’il ne faut pas que cela devienne un simple prétexte d’écriture pour caser X avec Y alors qu’il était avant avec Z. J’exploite pourtant allégrement les ex. Je n’en ai pas dans toutes mes histoires, mais je m’en sers dans certaines. Dans deux d’entre elles, on peut tout à fait comprendre qu’il y ait eu rupture (ils ont soit de vilains défauts, soit accompli quelque chose qui a fait du mal à l’autre), mais dans un de mes romans en cours, j’ai justement ce problème. Une héroïne qui va voir ailleurs parce que tout simplement elle n’aime pas son mari (c’est un historique). Et pour le moment, le mari en question ne me paraît pas si terrible que ça. Donc, je cogite…

Nom d'auteur: Eve Terrellon

Manon
... beaucoup
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Publier Re: La virginité en romance
le: 09/10/2013, 07:29
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La virginité c'est le fond de commerce de la romance.

En historique elle est plus facile à justifier par contre en contemporain il faut toujours une explication à ce phénomène paranormal !!

Je rejoins mes camarades sur le fait qu'en romance il ne doit y avoir que le héros qui compte dans la vie de l'héroine. Donc pas d'ex sans reproches, ce qui n'est pas le cas des héros masculins qui sont souvent des veufs éplorés.
Bien sûr, l'idée que l'héroine va rencontrer LE mâle de sa vie est très romantique et c'est ce qu'on attend d'une romance non ?
Le coup de la fille qui n'a jamais été comblée sexuellement est lui aussi largement exploité par les auteurs, quelle que soit l'époque du roman.
Par contre, récemment, une nouvelle tendance pointe le bout de son nez : le héros vierge ! Qu'en pensent les lectrices ? Je sais que certaines n'aiment pas.
Pour moi, avant la découverte de Jaimie dans "Outlander" de Diana Gabaldon, je trouvais ça difficile à envisager, mais depuis il semble que la romance ait adopté le héros inexpérimenté. J'avoue que ça change un peu et que ça donne des situations intéressantes ! Mais là encore, il faut que ce soit justifié en long en large et en travers ! (quoi? Il est pas moche, normalement constitué et il est vierge ?)
Au contraire, les héroines un peu trop "libérées sexuellement" sont carrément proscrites en romance ou du moins mal aimées des lectrices qui classent alors les romans où elles apparaissent dans une autre catégorie que la romance.

En conclusion je dirais que la virginité n'est pas obligatoire, même en historique. Il ne faudrait pas que la romance soit synonyme de "héroines vierges et mâles virils !" Cependant si l'héroine n'a pas encore trouvé celui qui la fait vibrer suffisamment pour lui offrir sa "fleur", c'est tout à fait plausible, même en contemporain.
En historique, la virginité prend une valeur très importante qui permet de donner encore plus de poids au passage à l'acte si banalisé de nos jours. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, la perte de la virginité était une catastrophe pour une jeune fille, d'où l'importance du don fait au héros qui se doit de le mériter.
Malheureusement, la romance est souvent propice aux clichés tels que l'ex antipathique ou la rivale hystérique ! La virginité, quant à elle, nous ramène malgré nous à des valeurs religieuses qui me font un peu peur...

[plumeetclavier@hotmail.fr]

Roanne
... un peu
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Publier Re: La virginité en romance
le: 10/10/2013, 14:56
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J'ai lu en début de semaine une romance dont le héros est vierge et j'ai adoré la façon dont cela a été amené car vu le personnage en question, ça coule de source. Il s'agit du tome 4 de la série Les fantômes de Maiden Lane "L'homme de l'ombre", d'Elizabeth Hoyt. Le développement de la relation intime entre Winter (puisqu'il s'agit de lui) et Isabel est à mon sens une réussite (bon, ça se gâte de mon point de vue à cause de la guimauve propre à la romance, mais je suppose que ça n'étonnera plus personne maintenant de ma part).
Winter s'est préservé pour des raisons purement pragmatiques, il a adopté de lui-même une vie quasi-monacale et il va justement lutter (très mal * rires *) contre son désir naissant pour Isabel, parce qu'il craint les conséquences, et ce d'autant plus que dans la société de l'époque, leur liaison peut faire scandale si elle s'apprend (début XVIIIème).

En tout cas, merci Manon pour ton intervention. En fait, ce que tu édictes comme règles de la romance, c'est à peu près tout ce que je n'y aime pas... pas étonnant que j'ai autant de difficultés à accrocher. Pourtant, dans les titres édités par Laska, j'ai trouvé de quoi me faire très plaisir à plusieurs reprises (encore merci à l'éditrice et à ses auteurs, du coup).

Manon
... beaucoup
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Publier Re: La virginité en romance
le: 13/10/2013, 06:20
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J'ai lu le roman dont tu parles et j'adore cette série de E. Hoyt qui se déroule à mon époque fétiche.

J'ai toujours été réfractaire au sentimentalisme exacerbé et à la littérature dite "fleur bleue". Je pense qu'on peut parler de sentiment amoureux sans tomber dans la mièvrerie et je peux dire qu'à cette heure, il n'y a que Làska qui peut se prévaloir de publier de la romance débarrassée de tout ce qui peut agacer les gens qui en ont déjà lu pas mal et retrouvent sans arrêt les mêmes clichés au fil de leurs lectures. Même les auteures françaises qui se lancent dans la romance copient de façon éhontée les anglo-saxonnes, jusque dans le vocabulaire emprunté à la traduction (bref, je ne reviendrai pas là dessus).
Abandonnera-t-on un jour les héroines pantelantes face à un héros ultra stéréotypé dont la description physique est toujours la même ? (voir l'article de Richard sur ce sujet). Il semble que les américaines s'en démarquent de plus en plus et adaptent leurs histoires aux critères actuels (même en historique). La romance a beaucoup évolué ces dernières années et elle évoluera encore.

[plumeetclavier@hotmail.fr]

Marie
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Publier Re: La virginité en romance
le: 21/10/2013, 07:33
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Tu parles du fourreau humide et du sexe turgescent, je suppose!!! Et il y en a quantité d'autres. Le fait que l'héroïne vierge grimpe aux rideaux au premier rapport est aussi d'un ridicule achevé.
Pour la romance historique, il est à craindre justement qu'elle évolue dans un sens beaucoup trop moderne qui ne tiendra aucun compte des réalités de l'époque. Quand je lis un roman se déroulant au Moyen âge, je n'ai pas envie de me retrouver dans le monde actuel, avec tous les trucs qui me gonflent.

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