Forum

Bienvenue Invité 

Afficher/Cacher l'entête

Bienvenue utilisateur invité, publier sur ce forum requiert une inscription.





Pages: [1]
Auteur Discussion:CR de latelier de Deborah Cooke
Jeanne
Modérateur
Messages: 545
Permalink
Publier CR de latelier de Deborah Cooke
le: 12/10/2013, 14:47
Citer

J'avais invité les gens qui le pouvaient à m'accompagner à Ottawa dimanche dernier dans ce fil.

Finalement, j'y suis allée seulement avec ma soeur (qui pourtant n'est pas vraiment impliquée dans la romance, autrement qu'en tant que lectrice), et c'était... SUPER !! Il faisait tout moche et pluvieux, on a eu du mal à trouver l'endroit, mais je ne regrette pas une seconde d'y être allée et je ne peux que déplorer que le reste du monde ait manqué quelque chose !

Deborah Cooke est une auteure canadienne qui a commencé sa carrière au début des années 90 sous le pseudonyme Claire Delacroix, dans la collection historique de H***. Aujourd'hui, elle a publié plus de 50 titres dans des genres variés, de l'historique médiéval à la fantasy urbaine, en passant par des voyages dans le temps et des comédies romantiques contemporaines.

Je ne vais pas vous faire un vrai compte-rendu de tout ce qu'elle a raconté ; ce serait trop long et du reste, je ne m'en sens pas autorisée. Cela dit, j'aimerais dire tout de suite que pour moi, l'intérêt d'un tel atelier ne réside pas seulement dans les connaissances que l'on en retire. En d'autres termes, ce n'est pas comme lire un livre sur le sujet. L'une des raisons qui m'ont attirée dès le début dans la romance, c'est sa communauté, et l'expérience de dimanche me l'a rappelé. C'est juste tellement sympathique de rencontrer tous ces gens IRL ; ce n'est pas comme lire un livre. Ce n'est en effet pas juste de la connaissance brute, mais de l'inspiration, de la motivation, du contact humain.

Deborah avait partagé la première partie de l'atelier en 6 sous-titres, tous traités de la même façon de sorte à pouvoir aisément les comparer entre eux, qui représentent les 6 avenues de publications offertes à l'auteur de romance (anglophone) :

1- Single Title Print Publishers : éditeurs papier de "single title"
2- Category Print Publishers : éditeurs papier de "category"
3- Digital Publishers : éditeurs numériques
4- Vanity or Indie Publishing : autoédition
5- Digital Programs from Traditional Print Publishers : programmes numériques d'éditeurs papier
6- Work-for-hire : travail sous contrat (le client détient le copyright et on ne choisit pas ce qu'on écrit)

La distinction entre Single Title et Category est spécifique à la romance. J'en avais parlé dans ce blog : 10 mythes sur la romance… démolis ! #2 Étant donné qu'entendre Deborah Cooke en parler m'a ouvert les yeux sur quelque chose de crucial dans mon marketing, j'en ferai probablement un article plus long.

Dans une seconde partie, What Do You Bring to the Party?, elle conseillait de définir :
1- Ses forces et faiblesses. Notamment, en se considérant sous 6 angles :
storyteller : personnages, rebondissements, bon dosage de ces derniers, intrigue
writer : trouver le bon mot, la bonne expression, avoir une "voix" unique et agréable
editor : grammaire et présentation
marketer : auto-promotiom
administrator : organiser son temps et ses différentes tâches
negotiator : obtenir le meilleur deal de votre éditeur au moment de la signature du contrat

2- Defining what you write: Author brands

Cette partie a contribué à cristalliser dans ma tête des choses que je pensais depuis quelque temps. Si vous voulez vous construire une carrière et un lectorat, vous devez définir clairement ce que vous écrivez et vous établir dans ce style (brand) avant de tenter autre chose. Deborah Cooke a publié dans plusieurs genres... sur une période de 20 ans et en plus de 50 titres. Ne soyez pas pressé-e de vous diversifier dès vos premières publications.

La raison de cela est qu'il est très difficile de se faire remarquer avec un seul titre à son actif. Mais si vous écrivez dans un nouveau genre à chaque fois, c'est comme un premier livre à chaque fois pour votre public-cible. Les gens seront confus : "Tel auteur, tu dis qu'il vient de sortir un livre dans un genre que j'aime ? Mais il me semblait qu'il écrivait dans tel autre genre que je n'aime pas !"

3- Your definition of success

Nous voulons tous devenir des "auteurs à succès", mais le succès a une définition différente selon chacun. Or il est très important de définir ce que vous considérez comme du succès, afin de décider notamment vers quel type d'édition vous devriez vous diriger (papier, numérique, autoédition...?).

Autres anecdotes d'intérêt :

En Amérique du Nord et aux États-Unis notamment, on observe récemment une augmentation des libraires indépendants et des vendeurs de livres non traditionnels (pharmacies, Costco, Walmart...). Or ces vendeurs ne vendent pas de mass market paperbacks, mais uniquement des trade et hardcovers. Pour les enseignes de type Costco, c'est pour deux raisons : d'abord, sur les trade et hardcovers (donc des livres qui se vendent de 15 a 25 $ en moyenne), ils peuvent proposer de grosses réductions et tout le monde continue à se faire de l'argent. Alors que sur un mass market, il y a beaucoup de moins de marge... Et il paraît aussi que leurs étagères ont été faites grandes pour les hardcovers, et ce serait une perte d'espace que de les utiliser pour vendre des mass market paperbacks. 😛

Ça veut aussi dire que le mass market paperback est un format en déclin (or c'était le format de choix des premières parutions en romance). Le livre papier n'est pas mort, mais beaucoup d'éditions cheap vont sans doute être remplacées durablement par l'ebook.

Sinon, Deborah Cooke rappelait aussi que l'édition est un monde de "prophéties auto-réalisatrices" (et c'est vrai, je l'ai observé moi-même). L'éditeur estime à l'avance ce que va lui rapporter tel titre et met les moyens en fonction. The Hunger Games est devenu un bestseller parce qu'après une vente aux enchères des droits (car plusieurs éditeurs le voulaient), celui qui l'a remporté avait monté l'à-valoir si haut qu'il n'avait plus de choix que de pousser ce livre au maximum afin de revenir sur son investissement.

Et finalement, c'est ce qui est arrivé à tous les gros bestsellers, comme Harry Potter ou Fifty Shades of Grey. Ils ont d'abord suscité un certain intérêt par eux-mêmes et avec des moyens modestes, mais ne sont devenus les phénomènes qu'on connaît que parce qu'à un moment, un gros éditeur américain a flairé le bestseller et a eu peur qu'il ne lui échappe, et a signé un super gros chèque qui a catapulté le livre aux tops des ventes dans le monde entier. C'est ainsi que le business fonctionne : avoir de l'argent pour avoir plus d'argent... Heureusement, on n'a pas besoin d'être un bestseller international pour atteindre sa propre définition du succès. 🙂

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

Kira
... passionnément
Messages: 163
Permalink
Publier Re: CR de latelier de Deborah Cooke
le: 12/10/2013, 17:15
Citer

C'est super intéressant, merci de partager 🙂

Pages: [1]
Mingle Forum by cartpauj
Version: 1.0.34 ; Page chargée en: 0.059 secondes.

Laisser un commentaire