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Auteur Discussion:La fin heureuse en romance
Jeanne
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Publier La fin heureuse en romance
le: 16/09/2012, 21:38
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Pourquoi le HEA (happy ever after) est-il considéré comme obligatoire en romance ? Est-ce arbitraire ou y a-t-il une bonne raison ? Est-ce une bonne ou une mauvaise raison ? Ça vous dérange, ou ça vous inspire ?

Pour ma part, je défends fermement l'idée d'un HEA en romance, ça me semble aller de pair avec la définition de ce qu'est la romance, qui n'est pas juste le récit d'une (n'importe quelle) histoire d'amour, mais bien une perspective sur l'amour.

J'ai écrit un petit article sur la question, dont voici un extrait :

« Vous ne pouvez pas choisir une fin à la carte, juste pour obtenir le ton, le tempérament désiré, parce que la fin renferme le sens de votre histoire. La fin dépend de quelque chose de beaucoup plus nécessaire dont vous devez avoir conscience : qu’essayez-vous de dire, de signifier ? Typiquement, un récit mettant en scène des mauvais personnages ou de mauvais choix appelle une fin malheureuse, tandis qu’un récit mettant en scène de bons personnages et de bons choix appelle une fin heureuse. C’est beaucoup moins manichéen que cela n’y paraît au premier abord.

Reprenons Le Vicaire, par exemple, ce pauvre bon vicaire sur qui toutes les poisses s’amoncèlent… et qui continue à croire contre vents et marées. Il est idiot, ou il le fait exprès ? Il a raison ou il a tort ? Ce n’est pas que les "gentils" doivent gagner, mais plutôt : c’est quand on voit qui "gagne" (mais aussi ce qui est gagné), qu’on peut voir qui a eu raison. L’interprétation n’est d’ailleurs pas toujours imposée ou "servie" au lecteur, qui peut, même à posteriori, évaluer selon ses propres valeurs ce qui lui paraît le plus raisonnable, le meilleur ou le préférable dans des situations souvent ambiguës.

Dans la romance, le HEA vient donc de façon essentielle valider l’amour des personnages et, pourvu que l’histoire soit un minimum développée, les différentes actions ou attitudes qui l’ont permis (et invalider ce qui l’a menacé). Quand on y pense, toutes les histoires d’amour qui finissent mal en littérature sont en fait des illustrations de "ce qu’il ne faut pas faire en amour". Le protagoniste commet une erreur et il le paie. Parfois ce n’est pas le protagoniste (ou pas que), c’est la société, le système, une sorte de Mal plus fort que lui ; mais alors c’est ce Mal que la fin malheureuse met en valeur en l’incriminant, et l’amour est relégué à un rang instrumental et secondaire en tant que symbole sacrificiel. »

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 16/09/2012, 22:25
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Ce genre de fins me donne envie de reprendre ma lecture, de chercher une suite. Dans quelques films, quand le mot « fin » arrive, parfois on le barre et on marque « début » (pour les comédies, je pense) et c'est là que je me suite et que ça m'intéresse le plus : on s'est déclaré, tout va bien, mais et après ? Littlejohn est devenu un roman parce que la nouvelle s'arrêtait avec la déclaration... mais les soucis ne viennent pas quand on est sur son petit nuage, ils arrivent après.
Un peu comme les exemplaires de Folio quand on (je ?) était au collège : et si c'est par la fin que tout commençait ?

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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 05:36
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La Romance nous parle du bonheur, par sa fin heureuse elle nous montre souvent comment deux personnes que tout séparait se retrouvent à la fin. C'est une bouffée d'optimisme dans un univers souvent bien triste. Pourtant, ce que ses détracteurs lui reprochent la plupart du temps c'est son manque de réalisme et sa vision "à l'eau de rose" de l'amour. Comme s'il n'y avait pas d'amour heureux! Certes elles sont rares ces histoires qui durent et s'épanouissent mais la Romance ne nous dit pas que tout est simple, souvent ses héros passent par de terribles épreuves...Cependant il faut reconnaitre que les romans ou les histoires d'amour qui entrent au panthéon littéraire sont souvent, voire toujours, celles qui finissent mal! Tout comme les contes de fées, les Romances se terminent souvent par un mariage mais justement c'est souvent là que ça se corse. 😕 De nos jours et de plus en plus, la Romance parle des difficultés du couple et s'éloigne du conte de fées plus très réaliste. La fin heureuse est un peu comme la morale d'autrefois, chaque histoire se devait d'en avoir une.Le bonheur est souvent dénigré,méprisé. Devant une comédie romantique qui finit sur une scène pleine d'émotion positive on se dit : "Bah ! Dans la vraie vie c'est jamais comme ça !" Peut-être...
Mais pourquoi la fiction devrait-elle être l'exact reflet de la réalité ? Pourquoi ne pas rêver un peu, même on sait que ces histoires sont rares, elles existent.

SuzanneRoy
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 10:52
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Personnellement, les fins heureuses, je ne sais pas faire autrement (autrement, je ne dors pas bien), mais je trouve difficile de les rendre originales. Et je ne suis pas certaine que toutes les histoires s'y prêtent (bon, les miennes, oui, mais comme je dis... c'est ça ou je ne dors pas).
Et souvent, je m'arrange pour que le drame arrive avant. Après tout la vie est fait de haut et de bas. Comme on en discutait, Jeanne et moi, tout dépend du moment où le réalisateur dit: COUPEZ!

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Jeanne
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 11:55
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Jo Ann, je trouve très intéressant ce que tu dis. Pour accepter tous les formats, de la nouvelle au roman, je me rends compte en effet que les nouvelles finissent souvent après les "je t'aime", par obligation d'être courtes et concises. On a tout le loisir de se demander comment ça va évoluer ensuite...

En revanche, une autre chose que j'écrivais dans mon billet, c'était : « Le HEA, en revanche, provient de la formule consacrée des contes de fées : "and they lived happily ever after". Ils vécurent heureux ensemble pour le restant de leurs jours. Le HEA parle donc d’une fin qui est heureuse au point d’être souhaitée aux personnages pour toujours, au point de ne pouvoir être surpassée dans l’avenir. Dans une romance, par définition, il faut amener les personnages jusqu’au point où il ne leur reste rien de plus à désirer ; les quitter à ce moment-là, pas avant. »

En gros, dans un roman, on est censé avoir noué tous les bouts qui traînaient bien serrés, ne presque plus rien laisser au hasard. Je trouve pour ma part que c'est comme dans la vie : on voit très vite quelles différences nous opposent à une personne, et une fois qu'on sait si ça nous convient et comment les gérer (moment où l'on s'engage, qui n'est pas forcément matérialisé par un engagement officiel, lequel peut le suivre comme le précéder), il n'y a plus de surprise...

Je suis toujours étonnée par l'image qu'une relation commencerait "sur un petit nuage" et se compliquerait par la suite. Toutes mes expériences ont été l'inverse exact : au début, tout va mal, il faut s'adapter à l'autre, on lutte et on souffre. Ça passe ou ça casse. Si ça passe, c'est-à-dire qu'on a finalement trouvé Le Partenaire, la suite est un long fleuve tranquille. Il n'y a plus rien à raconter (même si une catastrophe inattendue est toujours possible, c'est sûr ; c'est d'ailleurs là-dessus que sont fondées beaucoup de suites).

Et il y a quand même des histoires d'amour heureux au panthéon littéraire ! Je parlais du Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith, on peut ajouter les œuvres de Henry Fielding, de Jane Austen, de Charles Dickens, de Molière, de Beaumarchais, de Marivaux...

Je pense que la fin malheureuse a un côté cathartique, d'où son succès. Plus je vais mal, plus j'aime lire sur le malheur des autres ; mais quand je vais bien, ça me parle tout à coup beaucoup moins.

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SuzanneRoy
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 12:11
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Sans parler de tous les George Sand 😀

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Roshieru-
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 13:25
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Pour être franche, je fais partie de ceux et celles qui ont du mal à comprendre qu'un happy end soit obligatoire. En fait, je m'exprime mal quand je dis ne pas comprendre. Je comprends que ça puisse être un critère en romance si on considère que l'un des buts de ce genre est de donner aussi, quelque part, de l'espoir aux lecteurs. Et je pense que l'espoir est quelque chose d'important. Par ailleurs, le suspense en romance n'est pas tant de savoir s'ils vont finir ensemble que de savoir COMMENT ils vont finir ensemble. Bref, c'est quelque chose que je respecte. Mais comme je m'en suis pris plein la gueule au collège et au lycée par les gens, que je n'ai pas une très bonne opinion de l'être humain sans être pour autant misanthrope, je ressens souvent un décalage entre l'issue idyllique de la romance et ma propre vie, les gens que je fréquente. Souvent, non pas à cause de l'happy end en lui-même, mais parce que je trouve que les auteurs en font trop dans la narration, le dialogue... Qu'il y a quelque chose qui sonne faux (par sonner faux, je ne parle pas d'irréalisme, terme qui ne veut rien dire, juste que ça manque de naturel, que ça paraît forcé).

Mais, je ne rejette pas l'happy end en tant que lectrice tant que le roman ne dégouline pas de sucreries et de bons sentiments, qu'il y ait un équilibre entre les malheurs et les joies, que je puisse pleurer et rire avec les héros, et que ces mêmes héros ne soient pas parfaits. C'est d'ailleurs ce que j'essayais d'appliquer à mes écrits, même si depuis j'ai laissé tomber.

J'ai publié une nouvelle boy's love il y a quelques années. C'était l'une des plus sombres du recueil. Malgré un happy end (que j'avais mûrement réfléchi pour coller au genre), certains lecteurs m'ont reproché la dureté de mon texte, car, dans l'histoire, le héros a des rapports très violents avec son père du fait de son homosexualité et, avant le début du récit, il tente de se suicider. Je peux comprendre que ça paraisse cliché, vu que tout est cliché de nos jours... Par contre, j'ai été choquée que des gens me disent que ce n'était pas réaliste, qu'un père ne peut pas battre son fils pour une raison aussi idiote que sa sexualité, bref, que j'en avais fait trop. Pourtant, j'ai plein d'exemples contraires et encore plus odieux car un membre de ma famille travaillait dans le social, auprès des enfants maltraités... Au final, la conclusion d'une des lectrices était qu'elle ne voulait pas lire ce genre d'histoire pour avoir mal au cœur, qu'elle ne voulait lire que des choses heureuses, purement positives, etc. Et pourtant, mon histoire se finissait vraiment sur un happy end, avec des valeurs positives (le héros se révolte face à son père et reste avec son petit ami, il ne cède en rien, et il gagne). Je n'ai jamais compris cette réaction, cette envie que tout soit lisse et parfait, alors même que l'histoire finissait bien. Depuis,... je ne cherche plus à coller au cahier des charges, ça ne sert à rien et j'écris ce que je ressens, pas ce qui devrait plaire mais ne plaît pas 🙂

Pour la bad end en romance, je ne suis pas contre mais, à mon humble opinion, elle doit être comme une happy end : sans exagération, sans que ce soit noir-noir (c'est plutôt du domaine de l'horreur, de la dark fantasy et du roman... noir). Parce que, ce qui est ridicule dans un sens, l'est aussi dans l'autre. Je pense qu'il peut y avoir du beau dans la bad end et même de l'espoir, mais il faut savoir bien la tourner. Pour prendre un exemple avec une série SF, le téléfilm qui forme le début de BSG finit sur une bad end (génocide de l'humanité) mais qui offre de l'espoir (quelques milliers de personnes survivent et entament un exode dans l'espace pour trouver la Terre). Je pense donc que c'est un exemple de bad end. Même si on sort du cadre de la romance, je pense que ça peut-être applicable à celle-ci. Le tout est de trouver comment, et surtout de ménager la chèvre et le chou.

Pour prendre un exemple un peu cliché car classique, l'héroïne peut perdre son amant, disons parce qu'il se sacrifie pour sauver le monde et les chiots, mais attendre un enfant de lui. Alors, je l'ai dit, c'est cliché, mais pour moi ce n'est pas à 100% noir, vous voyez ? L'amant se sacrifie pour quelque chose de positif (le monde et les chiots) et quelque chose survit de sa relation avec l'héroïne (un enfant). Alors, c'est triste, mais ce n'est pas négatif.

"Je veux bien connaître n'importe quoi, surtout si c'est recouvert de chocolat. Si ce sont des tablettes de chocolat recouvertes de chocolat, c'est encore bien mieux." Moi, dans un état normal.
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 17/09/2012, 20:18
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Citation de Jeanne le 17/09/2012, 11:55
Je suis toujours étonnée par l'image qu'une relation commencerait "sur un petit nuage" et se compliquerait par la suite. Toutes mes expériences ont été l'inverse exact : au début, tout va mal, il faut s'adapter à l'autre, on lutte et on souffre. Ça passe ou ça casse. Si ça passe, c'est-à-dire qu'on a finalement trouvé Le Partenaire, la suite est un long fleuve tranquille. Il n'y a plus rien à raconter (même si une catastrophe inattendue est toujours possible, c'est sûr ; c'est d'ailleurs là-dessus que sont fondées beaucoup de suites).

Les soucis qui viennent par la suite peuvent ne pas être des soucis de couple (du moins, je ne le pense pas). C'est peut être une histoire de familles de cultures/religions différentes, des soucis administratifs quand on est de nationalité différente... Du genre « super, on est amoureux, maintenant on fait quoi pour être ensemble ? ». C'est une autre paire de manches.

Jeanne
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 19/09/2012, 13:29
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Roshieru, je crois que tu aimeras les romans de Suzanne. 😉 (En tout cas, au niveau du type d'histoire, ça colle.)

Jo Ann : Tout à fait ! En repensant à ce que j'avais écrit, je me suis rendue compte qu'on pouvait comprendre cela comme "une fois le couple formé, tous les soucis sont réglés", mais je parlais uniquement sur le plan romantique/affectif. La vie, elle, continue avec son lot de complications. Mais je pense qu'il ne s'agit plus alors d'une histoire d'amour au sens de la romance.

J'ai parfois lu des livres qui racontait une aventure/épreuve sans rapport avec l'amour lui-même, traversée par un couple déjà formé/engagé. Ça peut être très beau, mais ce n'est pas une romance dans la mesure où le soutien mutuel des partenaires est à la fois attendu et bien présent (quoique pas forcément sans faille). C'est ce que je veux dire par "un long fleuve tranquille". Le couple n'est pas problématisé, il est pris pour acquis, il n'est pas lui-même l'enjeu de l'intrigue.

Après, bien sûr, la frontière est fine, surtout avec la bit lit et les sagas. Le dernier roman en date qui m'a fait cette impression était le tome 4 de la série Hunter Kiss de Marjorie M. Liu... Mais c'était justement le tome 4.

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Roshieru-
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Publier Re: La fin heureuse en romance
le: 19/09/2012, 14:58
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Je compte bien lire 😉 et chroniquer sur Edenia. Mais là n'est pas le sujet ^_^

C'est vrai que beaucoup de saga de bit lit & de romance paranormale (enfin bref, d'urban fantasy plus ou moins romantique) parle de l'après, voire de la rupture, comme dans Georgina Kincaid, ou bien du mariage, des enfants (Femmes de l'Autremonde). D'un autre côté, c'est le côté saga qui veut ça. Le couple ne peut rester dans l'état où il était après s'être mis ensemble. Mais du coup, une saga type romance ne devrait pas évoquer cette autre partie de l'histoire d'amour ? On tombe peut-être juste dans le domaine du romantisme tout court.

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