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Auteur Discussion:Mauvaises traductions
Roshieru-
Chan
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 10/10/2012, 15:44
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Je n'ai pas lu la Dague Noire mais ça se rapproche des échos que j'ai eu...

"Je veux bien connaître n'importe quoi, surtout si c'est recouvert de chocolat. Si ce sont des tablettes de chocolat recouvertes de chocolat, c'est encore bien mieux." Moi, dans un état normal.
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Chloe F.
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 19/01/2014, 12:40
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Désolée de remonter ce sujet (je ne sais pas encore quel est l'usage ici pour les topics qui datent) mais la discussion m'intéresse beaucoup. D'ailleurs, pour apporter mon grain de sel à tout ça :

En plus de ça, je sais très bien, pour en avoir côtoyé, que certaines personnes choisissent la traduction littéraire faute de mieux et qu'elles traduisent un roman comme on traduirait le mode d'emploi du dernier Moulinex, avec un dictionnaire (ce qui n'est pas mal) et sans jamais se demander si le mot qu'il y a dans le dico est adapté (c'est mal). Ce sont des gens qui ne lisent pas et se plaignent déjà en licence de langue d'avoir des cours de littérature ou des œuvres à lire en VO.

Je me demande si c'est vrai pour l'ancienne génération, et peut-être que ça l'est pour les bons copains d'éditeurs qui ont une licence de langue en poche, mais pour les traductions anglais > français, toutes les traductrices en herbe que j'ai côtoyées (et j'ai été dans 3 promos de traduction littéraire) étaient à 200% impliquées et passionnées, avec des idées ingénieuses, et un souci du détail qui nous faisait passer parfois deux heures de TD à pinailler sur le temps du récit ou l'emploi d'un terme en particulier.
C'est plus tard que ça se gâte, parce que 75% de ces passionnés hyper-compétents (déjà peu nombreux) n'arrivent pas à accéder au marché du travail, et ceux qui y accèdent doivent tenir des délais serrés alors que la littérature ne se travaille pas comme on préparerait un menu de fast-food - un exemple célèbre : JF Ménard, le traducteur de Harry Potter, a eu moins de 4 mois pour en rendre l'épreuve du dernier tome. Pour un livre de cette taille, c'est impensable, comme délai.

Après, il y a des maisons d'édition qui massacrent volontairement leurs traductions, comme expliqué au-dessus. Pour les livres de chez Harlequin, il y a même des relecteurs dont le travail est de simplifier et couper tout ce qui dépasse. Mais là, on entre dans un autre débat que celui de la traduction, c'est carrément de l'adaptation (et personnellement, je trouve que ça revient à prendre le lecteur pour une bille, mais après tout, c'est peut-être parce que je suis principalement "sourciste"...)

Roshieru-
Chan
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 21/01/2014, 08:31
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Pour précision (c'est d'ailleurs pour ça que je disais "certaines personnes", d'ailleurs), je pensais à la traduction du japonais vers le français. Au cours de ma licence et de mon master, certains voulaient être traducteurs de mangas en pensant que ce serait un job facile (ahah) et bien rémunéré (ohoh). Et quand nous faisions des exercices de traduction littéraire, il était évident qu'ils n'étaient pas fait pour ça, tant leur niveau de langue et leur investissement étaient pauvres (ils étaient bons dans d'autres domaines, mais pas celui-là). Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui, mais on m'a proposé de traduire des mangas alors que je n'avais pas achevé ma licence (j'ai refusé) et j'avais eu ouïe dire de sources sûres que beaucoup de traducteurs dans les années 90 et au début des années 2000 étaient des étudiants sous-payés qui n'avaient pas forcément leur licence ou leur master. Bref, ce problème existe pour certaines langues. Fort heureusement, je connais moi aussi de très bons traducteurs du japonais ou de l'anglais (ou d'autres langues). Et, malheureusement, comme tu le dis fort bien, de nombreuses difficultés font que même un bon traducteur peut rendre une copie passable, voire médiocre ^^

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Chloe F.
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 22/01/2014, 02:50
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Ah, d'accord, tu parlais du japonais ! Quelque part, je comprends mieux : la démocratisation des études de japonais, en France, ça reste relativement récent, alors que la traduction depuis l'anglais, que je connais mieux, c'est institutionnalisé depuis un moment.
Je ne parle pas japonais, mais dans le domaine des langues orientales, je connais le coréen (enfin, connaître, c'est un raccourci gigantesque) et dans les traductions de romans coréens, aujourd'hui, on trouve parfois des phrases révoltantes. C'est dû au processus de traduction très curieux et propre à la traduction du coréen vers le français. Je n'ai vu ça dans aucune autre paire de langues : le texte est traduit vers le français par un traducteur coréen, puis entièrement retravaillé par un traducteur français natif, et le microcosme de l'édition francophone de cette langue fait que ce sont souvent des couples (un français/une coréenne) qui traduisent. Il peut arriver que le travail soit très bien fait, comme lorsque c'est celui de Lim Yeong-Hee et Françoise Nagel qui avaient le monopole de la littérature coréenne jusqu'à récemment, mais le marché s'est beaucoup développé très récemment, peut-être trop vite pour former correctement des traducteurs, et on se retrouve avec des livres magnifiques tout simplement massacrés. Et la qualité de la traduction dépend beaucoup de l'harmonie au sein du binôme de traducteurs. J'ai lu un livre d'une auteure merveilleuse traduit par Lim Yeong-Hee et repris par quelqu'un d'autre que Françoise Nagel, et c'était tout juste passable, avec des passages qui faisaient grincer des dents.
Après, il faut savoir que depuis ma formation, je suis excessivement difficile en ce qui concerne la qualité de la langue. C'était déjà le cas avant, mais là, je peux reposer un livre direct si je le trouve trop mal rédigé, et j'ai développé un radar pour les mauvaises traductions... C'est aussi pour ça que je me suis mise à apprendre les langues des pays dont la production littéraire me plaît.

Jeanne
Modérateur
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 06/02/2014, 21:24
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On entre plutôt dans la partie théorique du sujet, mais c'est sûre qu'elle est passionnante !

Personnellement, j'ai toujours été bonne en langues étrangères, mais la traduction, c'était ma bête noire. Jusqu'à un examen en troisième année où je me suis rendu compte que l'unique temps du passé en polonais pouvait, selon les cas, se traduire par pas moins de cinq temps verbaux différents en français (ça ne veut pas dire que le français est tellement plus subtil, mais dans les langues slaves, il y a un truc qui s'appelle l'aspect des verbes). Là, je me suis dit : OK, la traduction, c'est cool. Mais ça reste à fortiori hyper difficile !

Puisque je viens de répondre dans le fil qui traite des prix, je vois une corrélation avec le sujet ici. En effet, force est de constater qu'on vend énormément de traductions en français, comme si cette étape supplémentaire n'empêchait aucunement les livres en question d'être compétitifs par rapport aux autres. Je veux dire que les livres se vendent au même prix, qu'ils aient été traduits ou non. Alors, certes, les auteurs gagnent moins sur leurs droits étrangers que sur leurs droits d'édition chez eux... mais à ce point ?

Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a un bug dans l'équation. Comment peut-on payer tout le monde décemment s'il y a plus de monde à payer, mais le même montant à se partager ?

Mon blog : Romanceville, où les histoires d’amour finissent bien

Chloe F.
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Publier Re: Mauvaises traductions
le: 07/02/2014, 06:43
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C'est une question intéressante, je me la suis posée un bon moment et j'ai peut-être quelques éléments de réponse...
J'ai l'impression que les lecteurs francophones boudent en quelque sorte leur propre littérature, à moins que ce soit un Goncourt, ou un roman écrit par Amélie Nothomb/Marc Lévy/Bernard Werber/Fred Vargas (rayez la mention inutile.) Pour ma part, en librairie, même quand je me force à chercher de la littérature francophone, j'ai beaucoup de mal à faire confiance à des auteurs francophones inconnus et je finis par leur préférer des auteurs anglophones que je connais et que j'apprécie.
Je crois que l'édition en France a peut-être pris un mauvais tournant quelque part, en faisant davantage de promotion pour la littérature étrangère (peut-être justement pour rentrer dans ses frais pour la traduction ?) et on a laissé la littérature francophone en chemin. Une des principales raisons pour lesquelles j'ai du mal à lire du français, c'est parce que je ne sais pas qui pourrait me promettre des bons moments de lecture de la même façon que Jasper Fforde, Jack Vance, Patricia Briggs, et beaucoup d'autres. Le seul domaine où la littérature française se lâche un peu et se permet de publier des textes parfois attirants et un tout petit peu originaux, c'est en littérature jeunesse, et là encore, il y a toujours beaucoup de textes anglo-saxons.

Ainsi, avec un public qui sait que les textes étrangers ne sont pas un pari risqué (on se rassure en se disant que si on a pris la peine de les traduire, ils sont bons !) je suppose qu'on peut vendre plus facilement les traductions, à un plus grand nombre d'exemplaires, que le premier roman de Mme Michu. Ce qui permet donc de rembourser le petit investissement de la traduction, car après tout, pour un gros éditeur qui publie des traductions à la chaîne, l'acquisition du texte et de la traduction ne doivent pas coûter si cher que ça, c'est de l'ordre d'un à-valoir honnête pour un éditeur de cette taille. Si mes souvenirs de formation en traduction littéraire sont exacts, en France, pour un roman anglophone, le tarif est d'à peu près 15 à 18€ (selon le traducteur) le feuillet.

Je pense que c'est simplement le cercle de l'argent : celui qui investit beaucoup dans la traduction d'un roman gagne en retour de belles sommes qu'il peut investir dans de nouvelles traductions... C'est très bien pour les grands éditeurs et les lecteurs strictement francophones de littérature étrangère, mais pour les éditeurs qui n'ont pas forcément envie de rentrer dans ce système ou n'en ont pas les moyens, et pour les auteurs francophones, c'est plus embêtant.

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