10 Mythes sur la romance… démolis ! #1

10 Mythes sur la romance... démolis ! #1

Mythe #1 : La présence d’une histoire d’amour dans un roman en fait automatiquement une romance.

On aimerait que ce soit si simple, mais ça ne l’est pas ! En plus de conter une histoire d’amour, une romance se doit de finir bien, de s’attarder sur l’attirance physique et sexuelle entre les protagonistes, ainsi que de les amener d’un point A à un point B : en plus de leur relation amoureuse, les personnages vivent des aventures ou des épreuves qui les transforment de façon générale. Cela permet de véhiculer le double message de la romance, à savoir que d’une part, « l’amour triomphe de tout », et d’autre part, « l’amour arrive quand et d’où l’on ne s’y attend pas ».

C’est pour cette raison que des œuvres comme La Princesse de ClèvesLa Chartreuse de ParmeRoméo et Juliette (omettant le fait que c’est une pièce de théâtre) ou même à strictement parler, un roman comme Orgueil et Préjugés, ne sont pas des romances. La romance, à l’instar de la fantasy, est un genre récent inventé par les anglo-saxons : on ne penserait pas à parler de fantasy pour La Peau de Chagrin ! Ce serait anachronique et inexact. Il en va de même pour la romance et les histoires d’amour classiques. De nos jours, comme cohabitent la fantasy, le fantastique et les autres littératures de l’imaginaire, s’écrivent et se lisent en parallèle de la romance et d’autres types de littérature sentimentale.

8 commentaires
  1. L’inspirational romance ne traite pas de l’attirance physique, ou de façon très pudique. Il s’agit plutôt d’une exception, certes, mais elle existe. Du coup, je ne vois pas ce qui disqualifie Orgueil et Préjugés comme romance (si l’absence de scènes sexuelles n’est pas déterminante).

    Par ailleurs, il me semble que ce qui transforme les deux protagonistes est moins les aventures ou les épreuves du scénario, que la romance elle-même ; les autres événements servant de révélateurs, de catalyseurs.

    • Tu veux dire que la romance chrétienne ne contient pas de scènes d’amour explicites ni, souvent, hors mariage. C’est très différent que d’affirmer qu’elle ne tient pas compte de l’aspect physique et sexuel d’une relation (ce qui est à mon avis le cas dans les romans de Jane Austen).
      Pour ce qui est des épreuves que les héros traversent, disons qu’elles deviennent rapidement inséparables de l’histoire d’amour ; il n’est pas vraiment possible de faire la part des unes et de l’autre. Cela dit, je dirais au contraire que c’est la réalité concrète qui ne laisse pas de choix aux personnages, tandis que l’amour agit comme catalyseur de leur succès.
      Mais bien sûr ces opinions n’engagent que moi. 🙂 J’ai hâte d’en débattre avec les futures lectrices de Laska !

  2. Je vois ce que tu veux dire concernant la romance chrétienne. Un traitement pudique n’est pas la même chose qu’un évitement délibéré. Et il est parfaitement évident qu’à son époque, Jane Austen ne pouvait pas aborder la question de l’attirance physique, donc elle ne pouvait pas écrire de la romance au sens moderne.

    Néanmoins, tous les autres critères sont là. Et quand on parle de romance pour la « vulgariser » (le mot tombe vraiment mal, n’est-ce pas), il est plus facile de s’appuyer sur Orgueil et Préjugé (« Romans à l’eau de rose, Harlequin ? Ouiii bon oubliez ça un instant, essayez de garder l’esprit ouvert. Alors en gros, la romance, c’est comme Orgueil et Préjugés si Jane Austen avait pu ajouter du sexe »).

    • Non, mais je le reconnais, Orgueil et Préjugés est très proche d’une romance et je ne crie pas au blasphème lorsqu’il y est assimilé. 🙂 J’admets aussi que mon opinion est influencée par les autres romans de l’auteure qui, quoique comprenant aussi des histoires d’amour et des fins heureuses, sont plus clairement éloignés des codes de la romance.

  3. Je viens de finir « Bring Him Home » de Karina Bliss, et c’est une romance quasiment sans sexe (une seule scène explicite, brève, sur la fin). De plus, l’attirance physique apparaît assez tard, ce qui est cohérent avec les thèmes développés (deuil, culpabilité), et ne joue pas un rôle vraiment moteur. D’ailleurs elle reste à l’arrière-plan (parfois j’ai eu du mal à y croire, en fait, c’est sans doute le point faible du livre).

    Bref, dans l’ensemble, c’est une « inspirational romance ». A noter qu’elle n’est pas chrétienne du tout : aucun élément religieux.

    Et au fait, dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé Bring Him Home.

    • Hmm… Merci pour cette petite page de pub ! LOL
      J’ai aussi entendu parler de romances qui se finissaient mal. Que dire ? Les genres littéraires ne sont pas une science exacte et je n’ai jamais prétendu qu’ils l’étaient. Cela ne rend pas pour autant caduque une tentative de les définir, ne serait-ce que parce que leur découpage trouve un écho dans les goûts du public (par quoi j’entends que l’appartenance à un genre peut déterminer la réception d’une œuvre autant que son propre fond).
      Du reste, la difficulté que tu mentionnes se retrouve dans toutes les œuvres qui croisent les genres, à savoir : duquel des deux (ou davantage) relèvent-ils le plus, et quels codes de l’un et/ou de l’autres sont sacrifiés du fait de cette double (ou triple, quadruple) appartenance ?

      • Je n’ai pas été clair : Bring Him Home est une romance sans ambigüité, et pas vraiment inspirational (quoique très proche). Simplement, l’attirance physique passe au second plan derrière le processus du deuil et de surmonter des culpabilités inavouées. En plus (sans spoiler, c’est donné au départ), les protagonistes sont amis de longue date et le défunt était le mari d’elle/le meilleur ami et frère d’armes de lui, mort au combat. Et le défunt et elle ont eu un fils, 13 ans. Ouf.

        Donc, l’attirance physique n’est pas, disons, au cœur de leur relation. Et pas bienvenue, au début. Mais je répète, c’est une romance (Harlequin, collection Superromance).

        • Ah, d’accord ! C’est plutôt chouette, ça montre justement que les codes ne sont pas hyper stricts et immuables, même dans les collections Harlequin que j’appelle de « romance sérielle » (category romance). Pour information, Láska aussi risque de publier des romances flirtant avec les limites du genre… 😉

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