Le NaNoWriMo, un mode d’emploi parmi d’autres

Le NaNoWriMo, un mode d’emploi parmi d’autres

Après ma collègue Amélie, c’est à mon tour de vous proposer ma vision du NaNoWriMo (National Novel Writing Month). Grâce à son article, nous connaissons à présent les origines de ce challenge ainsi que plusieurs techniques pour se booster. Il y a ceux qui écrivent vite, sont irréguliers, ont plus de temps, savent ne pas aller au bout mais font leur maximum, commencent et ne finissent jamais, ont une tuile en cours de route, perdent l’inspiration, se posent un objectif plus accessible, ne font que regarder les autres. Bref, il y a de tout pour tout le monde ! Sachez qu’il existe autant de méthodes que de participants, et je vais vous livrer ici la mienne, qui n’a rien d’extraordinaire, soit dit en passant.

Une histoire d’objectifs et de contraintes

L’année 2013 signe ma quatrième participation avec deux victoires à mon actif. En bonne scientifique, j’ai tout de suite eu besoin de poser mon protocole, à savoir le but et l’organisation de ce challenge. Mon objectif est bien évidemment d’arriver au terme des 50 000 mots, mais avec les paramètres suivants :

  • réaliser le quota journalier le plus juste possible,
  • droit à prendre un peu d’avance uniquement pour pallier les jours où la socialisation est impossible à reporter,
  • ne pas privilégier la quantité à la qualité,
  • ne compter que des écrits littéraires (les rapports du taff, les longs mails et les articles de blog ne sont pas acceptés).

Je vise donc plus la régularité et l’écriture quotidienne plutôt que l’atteinte des 50 000 mots le plus vite possible. Ce qui, de toute manière, ne serait humainement pas possible pour moi, à la fois pour des raisons de temps, mais surtout car j’écris très lentement.

En plus des paramètres, il faut ajouter les contraintes :

  • le travail,
  • la vie à deux (voire à plus pour les heureux parents),
  • la vie tout court ! C’est que ça prend du temps, les loisirs, l’entretien de la maison, les repas qu’on ne peut pas reporter, car sinon on passe pour un ours mal léché, les courses, les repas… dormir aussi !

Ca ne fait que trois points, mais il y a tellement de choses qui peuvent  être listées à chacun d’eux ! Du coup, il faut organiser tout le mois en fonction de ces paramètres et contraintes, ce qui est plus simple maintenant que j’ai un peu d’expérience dans le NaNo. Encore une fois, ceci ne reflète que ma propre expérience, chacun aura plus ou moins de contraintes/paramètres selon sa vie (et le nombre d’enfants !).

Et concrètement ?

Donc comment faire pour caser 1 667 mots par jour quand on a tant de choses à faire à côté ? Eh bien, il faut s’organiser, rogner des minutes ici ou là, remettre à décembre les séries/films/sorties d’achats de Noël/cinéma & co. Mon compagnon a été prévenu : en novembre, c’est le minimum vital question socialisation et soirées films. Les pauses déjeuner sont consacrées au NaNo, dès le retour du travail, c’est NaNo, après manger, c’est NaNo. Bref, on respire, on mange, on dort NaNo (comprendre, on dort peu) pendant un mois. Et pour pas être sur les rotules, je fais une cure de vitamine en même temps ! Car oui, le NaNo, c’est fatigant ! J’étais sceptique la première année… à la fin, je ne l’étais plus !

Concrètement, combien de temps j’arrive à écrire ? Je peux me dégager 5/6 h par jour au max, en semaine j’entends. Le weekend, c’est plus, mais difficile à chiffrer car moins régulier (et je perds le temps des repas). Le problème, c’est que je ne peux pas écrire ces 5 h effectives, car nous ne sommes pas des robots ; après avoir passé la journée sur le PC pour le taff, la fatigue mentale est là, et même si j’ai mon casque pour m’isoler, il y a toujours des distractions  (aaah le chaton de la voisine !) et parfois, il faut se poser un peu pour réfléchir à l’enchaînement du récit. D’autant que je suis lente, hé oui ! Il me faut du temps pour me remettre dans l’humeur de la scène, prévoir les prochains dialogues, anticiper les réactions, avoir les bonnes tournures de phrases, faire le moins de fautes…

Préparation

Pourtant, je fais partie des NaNoteurs qui préparent leur NaNo. Enfin, préparer est un bien grand mot, car je suis loin de faire comme certains auteurs un plan ultra précis, découpé chapitre par chapitre. J’en connais qui sont tellement bien organisés qu’ils peuvent écrire leurs chapitres dans le désordre. Impossible pour moi. J’ai bien des feuilles gribouillées, réécrites, regribouillées, raturées et pliées en quatre pour être trimballées partout, mais ce sont les grandes lignes de l’intrigue, des détails importants (genre la fameuse chronologie pour ne pas s’emmêler les pinceaux), des idées à développer. Autant d’éléments qui se rajoutent au fur et à mesure de l’avancée. Car si je sais en général où je me dirige, les personnages en font souvent à leur tête et peuvent tout changer. Je suis alors obligée de réfléchir au déroulement pendant le NaNo (en général sous la douche XD).

Je prépare donc le NaNo, parfois des mois à l’avance, parfois quelques jours avant. Pour cette année 2013, j’avais planifié un roman d’horreur/fantastique, sauf que j’ai changé mes plans pour rédiger le troisième tome des Créatures de l’Ouest pour cadrer avec le calendrier des Éditions Laska. Et vu comment l’histoire coule de source, je ne m’en plains pas. Pas de soucis, j’avais déjà scénarisé le tome, le changement de cap n’a donc pas été difficile. Le NaNo c’est aussi se plier aux priorités du moment et improviser. 😉

Conséquences

Ce challenge apporte différentes choses aux participants. Pour ma part, il me permet de mettre un grand coup de collier à mes projets. J’ai écrit le T1 et le T3 (j’ai quasiment fini à l’heure où j’écris ces mots) des Créatures de l’Ouest en un mois, durant des NaNo. Le T2, écrit en milieu d’année, a mis plus de 4 mois (bon, OK, j’ai déménagé en cours de route). La conclusion est claire ! Le NaNo me permet vraiment d’avancer sur l’écriture pure, qui n’est pas la partie la plus longue en plus.

Les autres années, terminer le NaNo était juste une question de fierté, de se dire qu’on peut le faire. Aujourd’hui, c’est davantage un outil de travail pour répondre à mes exigences éditoriales, un coup de fouet pour mes projets, un défi également, car plus les années passent, plus mes journées sont remplies. Une fois par an, cette régularité quotidienne est nécessaire car les mois de l’année sont irréguliers et j’en avais presque oublié le plaisir d’écrire des pages entières d’un coup, de laisser l’intrigue se développer sous mes doigts. D’un autre côté, cette année, j’en mesure les limites également, car tout mettre en suspens pour cette épreuve, est-ce une si bonne idée ? Arrivera bien une année où je ne pourrai pas le faire. Savoir trouver ses limites, c’est aussi à quoi sert ce challenge !

En conclusion, mon NaNo, c’est beaucoup de travail, de contraintes, mais aussi de liberté et de plaisir. 🙂

Et vous, racontez-nous votre NaNo ! 🙂

Toutes les publications d’Emilie Milon aux Éditions Laska sont disponibles chez votre revendeur d’ebooks. Le 26 mai 2016, l’intégrale des Créatures de l’Ouest sera également disponible au format papier sur les sites d’Amazon et lors d’évènements spécifiques.

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