Les Îles du Diable

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Auteur : Anne Rossi

Série : Les Yeux de tempête (troisième épisode)
Genre : Romance M/M, Romance historique, Pirates
Longueur : Nouvelle (13 000 mots)
Sensualité : Doux

Depuis deux ans, Ioen et Guillaume ont repris la mer. Propriétaires de la Tempête, le capitaine et son second louent leurs services pour le transport de marchandises entre les ports d’Amérique du Sud et des Antilles.

En arrivant à Kourou, en Guyane française, ils sont saisis par les conditions de vie insalubres des colons. Mais, alors que Ioen est déterminé à repartir au plus vite, Guillaume se laisse persuader d’aider deux orphelins à rejoindre les îles du Salut, connues sous le nom d’îles du Diable. Les choses se compliquent quand les habitants de Kourou prennent le jeune homme à partie…

« Passer par les îles du Diable nous oblige à un sacré détour. Sans parler des risques pour la Tempête. »

La lumière jaune d’une lanterne éclairait la petite cabine et son grand lit. Un aménagement inhabituel qui disait mieux que tout le reste la relation qu’entretenaient ses occupants. Guillaume s’étira, faisant bâiller sa chemise sur son torse. Tous les arguments étaient bons à prendre.

« Ce ne sont que des enfants.

— Eh bien, il doit y avoir quelqu’un pour s’occuper d’eux, non ? C’est l’affaire des autorités.

— Les autorités ? Vu comme elles gèrent ce gourbi, je doute que le sort de deux orphelins soit au sommet de leurs priorités.

— Guillaume, cela ne nous rapportera rien et risque de nous coûter cher.

— Une bonne action de temps en temps ne fait pas de mal. Le salut de nos âmes…

— Nous sommes damnés quoi qu’il arrive, tu le sais très bien. »

Guillaume grinça des dents. Oui, il savait ce que racontait l’Église. Mais il avait aussi lu les textes sacrés, le Nouveau Testament en particulier. Il avait du mal à croire qu’un homme-dieu venu porter un message d’amour universel aurait rejeté certains de ses enfants à cause de ce qu’ils faisaient sous leurs couvertures. Comme le lui avait un jour fait remarquer son confesseur, il ne retenait de la religion que ce qui l’arrangeait. Et alors ? Il détestait voir Ioen se ronger les sangs alors qu’ils ne causaient de tort à personne. Bien au contraire : la Tempête était un refuge pour la plupart de ses matelots, fuyant là leur passé pour une vie meilleure. On ne lui ferait jamais avaler qu’ils étaient damnés d’avance.

« Allez, plaida-t-il, je sais que tu es un homme bien.

— Nous devons défendre avant tout nos propres intérêts. Mathilde craint la contagion.

— Ils sont en bonne santé ! »

Bon, si l’on exceptait les poux. Le garçon était peut-être un peu fiévreux, mais qui ne l’aurait pas été, sous-alimenté et sous un climat pareil ?

« Je regrette, mais c’est non.

— Bon, très bien. »

Guillaume se redressa sur le lit. La moutarde lui montait au nez. Ces précautions d’apothicaire l’agaçaient au plus haut point. Et le visage des deux enfants continuait de le hanter.

« J’ai donné ma parole. Alors, je vais trouver un moyen de les emmener sur les îles du Salut. Pendant ce temps, tu vas faire radouber la Tempête où ça te chante et on se retrouve là-bas.

— Tu plaisantes ? »

Ioen le regardait d’un air horrifié. Guillaume rajusta sa chemise, gêné. Il y était peut-être allé un peu fort. Sous un certain angle, sa proposition pouvait s’assimiler à du chantage.

« C’est si important que ça pour toi ? » insista Ioen.

Guillaume hocha la tête. Il n’aurait su expliquer pourquoi le sort de ces enfants lui tenait tant à cœur. Des orphelins, il y en avait plein les Caraïbes. Et il n’avait parlé à ceux-ci qu’un court instant. Pourtant, il lui semblait qu’il était de son devoir de leur venir en aide. Fidèle à sa ligne de conduite, il préférait ne pas s’attarder sur les raisons profondes de la chose.

« Alors nous ferons un détour, conclut Ioen, résigné. Je te laisse le soin de l’expliquer à Mathilde. Et puis nous appareillons à l’aube : ne sois pas en retard. Enfin, on dépose les enfants et on s’en va. Pas question de séjourner sur ces fichues îles.

— D’accord. »

Pour sceller l’entente, Guillaume se redressa, attrapa son partenaire par sa chemise, et l’embrassa passionnément. Ioen ne tarda pas à rendre les armes pour l’attirer contre lui, le caressant avec une fièvre impérieuse. Il n’avait pas besoin de parler pour rendre le marché évident : Je t’ai cédé sur un point, alors ce soir, à moi de mener la danse. Guillaume sourit quand le baiser se rompit et demeura étendu, immobile, tandis que son amant le débarrassait de ses vêtements. Il n’avait rien contre, bien au contraire.

2 commentaires
  1. J’ai bien aimé ce troisième opus, même si je l’aurais préféré plus long pour mieux explorer Kourou et les Îles du diable. Le contexte historique est vraiment très bien exploité, et la romance intéressante !

  2. Je pense que ce troisième volet est mon préféré, parce que la relation est déjà stable (même si Ioen qui se pose toujours les mêmes questions après tout ce temps, eh…) et qu’il y a d’autres enjeux.
    Et l’arrivée des enfants permet d’entrevoir une facette de la personnalité de Guillaume qui, égal à lui-même, continue à s’attirer des problèmes et à être (un tantinet) irresponsable, et ce n’est pas mal agréable.

    En lisant l’extrait de l’épisode suivant, je me suis dit que Marie-Rose est un personnage qui permet et qui, la réputation d’Anne Rossi aidant, ce serait intéressant de la voir dans quelques années. Et là, on croise les Enkoutan et la boucle est bouclée. Voilààààà. 🙂

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