Les Parfums de Pondichéry

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Auteur : Anne Rossi

Série : Les Yeux de tempête (quatrième épisode)
Genre : Romance M/M, Romance historique, Pirates
Longueur : Nouvelle (17 000 mots)
Sensualité : Moyen

En débarquant à Pondichéry, ni Ioen ni Guillaume ne s’attendent à ce qu’on leur confie non pas une, mais deux périlleuses missions. Au capitaine de la Tempête, un client promet la richesse en échange de la mystérieuse « fleur de paradis », dont est tiré un parfum très prisé. Quant à son amant, il fait la rencontre d’une jeune métisse à la recherche de son père.

Toujours partant pour de nouvelles aventures, Guillaume convainc Ioen de pousser jusqu’à Karikal, où il espère faire d’une pierre deux coups. Pourtant, la rumeur n’est guère encourageante. Quelles sont les chances qu’ils retrouvent le disparu en vie ? Ne risquent-ils pas de tomber dans le même piège que lui ?

Il se retourna vers Ioen.

« Je vais à terre surveiller le débarquement. »

Son compagnon approuva d’un hochement de tête. La presse autour de son navire le rendait nerveux, tout comme la perspective de devoir l’abandonner si loin du rivage. De plus, il n’avait pas du tout le commerce dans le sang et abandonnait volontiers les transactions à Guillaume.

Celui-ci interpella l’indigène en hindi. Leur escale sur l’Île de France lui avait permis d’assimiler quelques bribes de cette langue, en plus de la vingtaine d’autres qu’il parlait déjà. Apprendre un nouvel idiome lui paraissait aussi simple que de retenir une poésie, un atout pour les navigateurs au long cours qu’ils étaient. Hélas, l’homme l’ignora. Guillaume jura entre ses dents. La langue majoritaire à Pondichéry était le tamoul. Il n’avait plus qu’à s’y mettre.

« Hé ! »

Crier n’importe quoi convenait aussi bien, au final. D’un bond souple, il sauta dans la petite embarcation, qui se mit à tanguer violemment. Avec une exclamation indignée, l’homme stabilisa sa barque en s’appuyant contre la coque de la Tempête. Puis il se tourna vers son passager inattendu et montra deux doigts. Guillaume sourit. Ils allaient bien s’entendre, finalement.

Le temps de rejoindre la berge, il était aussi trempé que la marchandise, mais il avait appris à dire « bonjour », « merci » et « combien ? ». La base de toute négociation commerciale.

Des gamins à la peau brune s’approchèrent pour aider à décharger la barque. Guillaume se félicita d’avoir débarqué en premier. Dans le désordre ambiant, les voleurs à la tire devaient s’en donner à cœur joie. Le bois des pontons était encore frais, grossièrement taillé. Une odeur de vase et de poisson mort flottait dans l’air. Guillaume s’appropria un emplacement près du ponton puis veilla à ce que chacun des esquifs qui faisaient la navette entre la Tempête et le quai arrive à bon port. Quelques pièces judicieusement distribuées convainquirent les gamins d’ouvrir l’œil. Dans l’ensemble, il eut à contrer moins de tentatives de détournement que ce à quoi il s’était attendu. La chaleur et l’ennui furent ses pires ennemis. En fin de matinée, la vue de la chaloupe de la Tempête lui fit l’effet d’une averse fraîche.

« Toutes les marchandises sont ici, déclara-t-il en pointant du pouce le tas derrière lui. Je vous laisse trouver un lieu de stockage. Pendant ce temps, je vais prendre le pouls de la ville. »

Il s’éclipsa avant que quiconque ait pu protester — ou que Marie-Rose se soit attachée à ses basques. Certes, ce n’était pas très élégant de sa part, mais il mourait d’envie d’explorer un nouveau territoire, comme à chaque escale inconnue. Le démon de la découverte courait dans son sang. Jamais il n’aurait pu se faire à l’existence à laquelle sa naissance l’avait désigné.

Tandis qu’il s’enfonçait entre les restes de deux immeubles calcinés, un souvenir effleura son esprit. Le jour où il avait dû faire un choix : rester avec Ioen et revenir à Nantes ou quitter tout ce qu’il connaissait pour partir à l’aventure. Il avait choisi l’aventure, sans hésiter. Même si cela signifiait perdre l’homme qu’il aimait plus que tout au monde… Non, corrigea-t-il mentalement. À l’époque, ils se connaissaient à peine. Il avait seulement l’intuition de ce qui pourrait exister entre eux — et qui avait dépassé ses rêves les plus fous. Aujourd’hui, il ne lui tournerait pas le dos si facilement.

Un soupir résigné lui échappa. L’amour, le plus délicieux des pièges… En même temps, il n’y avait qu’en compagnie de Ioen qu’il se sentait vraiment complet. Un sentiment qui ne s’arrangeait pas avec les années. Il avait presque envie de faire demi-tour pour retrouver son compagnon, même si cela impliquait de passer une après-midi entière à compter des caisses sous le soleil brûlant. Guillaume ralentit le pas et redressa le buste. Il avait une ville à explorer : ce n’était pas le moment de laisser ses sentiments lui entraver la route.

1 commentaire
  1. Un épisode plein d’aventure, l’hommage à Indiana Jones se fait bien sentir ! On s’amuse bien en tout cas.

    J’aime beaucoup Marie-Rose même si elle n’est qu’assez peu présente. Louisa promet également.

    Quant à Ioen et Guillaume, leur relation ne fait que s’embellir au fil du temps !

    En revanche, pas d’annonce d’un prochain épisode… j’espère qu’il y en aura quand même d’autres ?

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