Marta

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Auteur : Nicole Vuillermoz

Genre : Romance historique, Second Empire
Longueur : Roman en 2 tomes (111 000 mots au total)
Sensualité : Doux

Marta, andalouse par son père et française par sa mère, découvre la Bourgogne pour la première fois à dix-neuf ans. D’emblée, la région l’enchante ; les amis et les projets ne manquent pas à la jeune et fougueuse aristocrate. Une seule ombre au tableau : le comte de Montbelley, un voisin aussi arrogant que séduisant, qui suscite en elle des émotions qu’elle ne parvient pas à contrôler. Effrayée par ces élans, qui vont à l’encontre de sa nature volontaire, elle est déterminée à le fuir. Cela tombe mal : lui, au contraire, est déterminé à l’épouser…

Ce qui a commencé comme un jeu, le caprice d’un homme amateur de conquêtes, pourrait bien finir par les dépasser tous les deux…

Alors que l’orchestre se lançait dans une valse de Johann Strauss père, le comte de Montbelley s’inclina devant la fille de son hôte, qui papotait avec Clothilde.

« M’accorderez-vous cette danse, señorita ? »

La jeune Espagnole se leva avec une lenteur calculée, le regard soudain plus noir et pourtant étincelant. Avec un sourire poli où perçait l’ironie, elle répondit :

« Mais très certainement, monsieur le comte. N’est-il pas de mon devoir d’honorer les amis de mon père ? »

Son cavalier l’entraîna sur la piste, où ils valsèrent un court instant en silence, avant qu’il ne reprenne d’un ton joyeux :

« Je bénis le ciel de votre éducation irréprochable, qui me permet enfin de vous tenir dans mes bras ! »

Son interlocutrice n’en crut pas ses oreilles. Ce prétentieux lui débitait des niaiseries à la française ! Finalement, l’adversaire serait facile à abattre ! Son ton se fit plus sarcastique :

« Vous me décevez, je vous aurais cru au-dessus du banal marivaudage de l’Empire ! De plus, la bienséance exigerait que vous n’exerciez pas vos talents de séducteur d’opérette sur une jeune fille innocente, ne pensez-vous pas ? »

Une flamme amusée anima le visage du comte qui, à son tour, se fit narquois pour répondre :

« Innocente ? N’employez donc pas de mots dont vous ignorez le sens, señorita.

— Mesurez vos paroles, je vous prie ! répliqua Marta, furieuse, tandis que ses doigts se crispaient sur le tissu sombre du frac de son cavalier.

— Non, non… vous vous méprenez sur mes propos. C’était un compliment de ma part que de ne pas vous considérer comme une oie blanche. Dans “oie blanche”, il y a “oie”, ne l’oubliez pas ! chuchota-t-il avec un clin d’œil. Vous n’êtes pas innocente. Je vous devine intelligente, terriblement orgueilleuse, et dotée d’un esprit trop combatif.

— Quelle magnifique démonstration de psychologie !

— Je suis assez doué à ce jeu, en effet… L’innocence des jeunes filles est une légende à mon sens. Quoi qu’il en soit, elle doit rester une étape, car elles doivent toutes un jour découvrir les plaisirs de ce monde… »

La voix de son interlocutrice s’emplit d’une fausse douceur qui la rendit plus méprisante encore.

« C’est tout ce à quoi vous employez votre temps, si j’en crois la rumeur…

— Cela aussi, c’est une légende, rétorqua-t-il sans se laisser démonter et sans cesser de sourire. D’ordinaire, mes goûts me poussent vers d’autres horizons… Vous êtes beaucoup trop fine pour juger selon des rumeurs, ne vous faites donc pas plus bécasse que vous ne l’êtes. Vous avez parfaitement compris que je ne chasse pas les tendrons ; vous seule éveillez mon intérêt.

— On ne me chasse pas, monsieur le comte ! lança la fière Andalouse d’un ton cassant. Il vaudrait mieux pour vous que vous compreniez très vite que je suis moi-même un prédateur et non une proie. Je n’ai que faire du genre d’intérêt que vous me portez ! »

Pas déstabilisé le moins du monde par son élan venimeux, il resta silencieux. Son regard, difficilement soutenable et bien abrité sous ses sourcils sombres, ne la lâchait pas. Il la regardait comme jamais personne n’avait osé ou su la regarder ; il lui semblait que si ce regard l’abandonnait, elle cesserait immédiatement de vivre. Dans le bas de son dos, sa grande main lui ordonnait les mouvements de la valse.

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