Par le sang

ParLeSang_petit

7,99 € / 11,99 $

Acheter l’ebook :
7switch-buy
amazon-buy
iBooks-buy
kobo-buy
fnac-buy

Auteur : Florence Cochet

Genre : Romance fantasy, Vampires
Longueur : Roman en 5 parties + préquel (106 000 mots au total)
Sensualité : Moyen

De son passé, Shandra ne se rappelle que les nombreuses années à l’Académie, entre ses études pour devenir un maître et sa dévotion à la déesse Ashara. Bientôt, elle surmontera une dernière épreuve qui lui permettra d’intégrer les rangs des « ombres du palais », comme on nomme les guerriers au service des souverains. Cette épreuve, c’est son nouveau maître d’armes, l’énigmatique et troublant Kalhen, qui l’y prépare.

Alors que leur attirance réciproque se transforme en désir, Shandra est loin de s’imaginer le double jeu auquel il se livre, et encore moins que leurs destins sont intimement liés…

Entre les tensions qui règnent parmi ses compagnons d’armes, la soif d’un sabre buveur d’âmes et les exigences d’un ancien dragon, Shandra parviendra-t-elle à trouver sa voie ?

Au troisième jour de notre périple, j’estime avoir démontré mes aptitudes à Kalhen. La veille encore, je l’ai égratigné de mon kryll au terme d’une embuscade. Son regard a alors trahi la froide et profonde satisfaction d’avoir enfin un adversaire à sa mesure. Je frissonne à ce souvenir, mal à l’aise, puis l’oublie.

Durant l’après-midi, alors que nous contournons une colline, une forte bise se lève, des nuages noirs obscurcissent le ciel, et la température chute. Inquiète, j’arrête ma jument et hume l’air. Chargé en ozone, il annonce un violent orage et, si je ne me trompe pas, la neige. Maël’Yenn me confirme mes craintes. Je hausse la voix pour couvrir le rugissement du vent qui s’amplifie :

« Nous devons trouver un abri, et vite. Une tempête approche.

— Je connais une grotte par ici. Suis-moi ! »

Il lance son destrier au galop alors que les premières gouttes glacées s’abattent sur nos têtes. La pluie battante se transforme en un déluge de grêle. Trempés et gelés, nous nous engouffrons dans une large anfractuosité qui s’ouvre dans une falaise. La faille profonde se termine en cul-de-sac, au fond duquel nous installons nos montures.

Pendant que je les panse et les nourris avec quelques brassées d’herbe que je suis retournée cueillir à l’extérieur, Kalhen part à la recherche de bois mort encore sec qu’il entasse avant de l’embraser. Nous nous dévêtons, nous enroulons dans nos plaids et mettons nos habits à sécher. Transie, je claque des dents en tendant les mains vers les flammes chancelantes.

Sans un mot, Kalhen se lève, s’assoit derrière moi et referme sa couverture sur nos corps réunis. Sans plus penser à rien d’autre qu’à mon bien-être, je me laisse aller contre lui, avide de sa chaleur et de sa présence rassurante.

Au-dehors, bien que le vent se soit calmé, la température continue à descendre et s’immisce dans la caverne en vagues pénétrantes. Des tourbillons de neige tombent bientôt, recouvrant rapidement le paysage. Pareille tempête est inhabituelle pour la saison. Inquiet, Kalhen se rhabille et repart dans la tourmente, une hache à la main. Le froid m’envahit à nouveau. Pour m’occuper, je prépare un frugal repas avec ce qui reste des racines déterrées la veille.

À son retour, Kalhen isole tant bien que mal l’entrée de la grotte à l’aide d’épais branchages. Le vent mugit, hurle entre les troncs. Nous mangeons en silence.

Avec la nuit, le blizzard cesse enfin, mais la neige continue à s’amasser, étouffant le moindre son dans une quiétude cotonneuse. Je m’enveloppe dans ma couverture face au feu. Le sol me communique sa fraîcheur, et de nouveaux tremblements m’agitent. J’ai l’impression que je n’aurai plus jamais chaud.

La voix de Kalhen me tire de mes mornes pensées :

« Rhabille-toi, tes vêtements sont secs. »

J’obéis comme un automate pendant qu’il confectionne une couche de branchages sur laquelle il dispose nos plaids. Il s’y allonge et me fait signe de le rejoindre. J’hésite, puis viens me blottir contre lui.

À cet instant, je sais que mon cœur est perdu. Sa tiédeur, sa puissance, sa volonté de fer sont autant d’assauts qui ont égratigné ma carapace au fil des mois. Maël’Yenn glisse le long de mon esprit, mécontent. Je refuse d’en tenir compte.

Kalhen rabat la couverture sur nos corps enlacés. Je me trouve entre le feu et lui, baignée dans leur chaleur. Les frissons s’atténuent, disparaissent. Je ne parviens cependant pas à m’endormir avant que sa respiration ne devienne profonde et régulière.

à venir

Laisser un commentaire