Pour l’amour des pirates : du rêve à la plume

Pour l’amour des pirates : du rêve à la plume

Bonjour à tous !

Ma première nouvelle aux Éditions Laska, Les Yeux de tempête, sort le 14 février 2013 (jour de la Saint-Valentin, si ce n’est pas un signe…). Il s’agit d’une nouvelle située à une période qui m’est chère, entre 1690 et 1730.

Cette période est surnommée « l’âge d’or de la piraterie ». En effet, à cette époque, les galions espagnols rapportent d’Amérique du Sud l’or pris aux Indiens : ces navires chargés d’or attirent bien des convoitises. Les Caraïbes, avec leurs nombreuses îles, constituent le repaire idéal pour établir des embuscades aussi bien que pour aller se cacher, forfait accompli. De plus, les conditions de vie à bord des navires de la marine officielle sont très souvent épouvantables, poussant un certain nombre d’hommes à se rebeller pour aller chercher fortune à leur compte. De là sont nées les légendes…

YeuxTempete_petitLes pirates avaient mis en place entre eux un mode de fonctionnement très égalitaire pour l’époque : le capitaine était élu et l’équipage pouvait voter son remplacement. Dans une attaque, il se battait au côté de ses hommes. Les gains étaient divisés en part égales : les seuls à recevoir un nombre plus élevé de parts étaient les détenteurs de compétences particulières. Les contrats de « chasse-partie » prévoyaient des compensations parfois très détaillées (tant pour une main, tant pour un pied…) pour les blessures reçues pendant une bataille. Enfin, les esclaves libérés constituaient une bonne part des équipages pirates.

Dans Les Yeux de tempête, les protagonistes ne sont pas à proprement parler des pirates, du moins au départ. Cependant, on y retrouve un certain nombre de thèmes qui m’attirent dans la piraterie, notamment celui de la liberté. Effectivement, les pirates fuyaient l’autorité (d’un capitaine, d’une nation…) pour mener librement leur vie.

À ce propos, ne confondez pas pirates et corsaires ! Les premiers agissaient pour leur compte, les seconds pour celui du pays qui leur avait accordé une lettre de course. Moyennant quoi, en cas de capture, ils ne finissaient pas pendus mais étaient traités comme des prisonniers de guerre. Ils étaient également censés ne pas s’attaquer aux navires de leur propre pays et traiter correctement leurs prisonniers. Des pirates fonctionnaires, ça perd tout de suite de son charme…

C’est le côté « liberté » qui a été retenu par les romans et les films qui ont fleuri autour du thème de la piraterie. Stevenson et son Île au trésor, Jules Verne et son Vingt mille lieues sous les mers, Margerit et son Île des perroquets, Cooper et son Corsaire rouge, Falkner et son Moonfleet ont bercé mon enfance. Et Pirates des Caraïbes restera toujours l’un de mes films préférés. Pour être honnête, ils passent sous silence les aspects les moins reluisants, comme l’enrôlement forcé, la cruauté dont faisaient preuve les pirates ou le fait que la plupart d’entre eux connaissaient une carrière fort courte avant d’être pendus. Néanmoins, la piraterie offrait à ceux qui la choisissaient la liberté, et une occasion de s’enrichir que leur interdisait la société dans laquelle ils vivaient.

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L’Hermione (photo du site officiel)

À cette dimension s’ajoute pour moi une certaine fascination pour les univers marins (un bon nombre de mes histoires se situent sur ou sous la mer) alors même que je suis toujours malade en bateau et que, la seule fois où j’ai essayé de manœuvrer une embarcation, j’ai réussi à la faire chavirer. Cela va de pair avec mon goût pour les mondes imaginaires : on ne rêve jamais tant de ce qui est hors de notre portée… Ce qui n’exclut pas une solide documentation sur le sujet. Entre autres, j’ai eu la chance de pouvoir visiter l’Hermione à Rochefort-en-terre. C’est la reconstitution, dans des conditions identiques à celles de l’époque, d’une frégate de la fin du XVIIIe siècle. Très utile pour se rendre compte, par exemple, à quel point les espaces de vie étaient réduits, ou le poids que pouvait représenter une grand-voile ! (Je veux d’ailleurs faire inscrire mon nom sur le grand pavillon du navire pour le voyage inaugural en 2015.)

Enfin, une dernière chose que vous retrouverez dans Les Yeux de tempête : les pirates étaient la plupart du temps jeunes (il fallait être en bonne santé pour supporter leurs conditions de vie), célibataires (leur mode de vie ne leur laissait guère le loisir de fonder une famille), et ils mêlaient des hommes de toutes extractions et de toutes origines. Un point de plus pour l’image romantique. Certains s’associaient par un contrat de matelotage : chaque partenaire s’engageait à défendre l’autre et à lui laisser ses biens en cas de décès. De là à y voir l’ancêtre du pacte civil de solidarité français… il y a un pas que je ne franchirai pas. L’absence de femmes à bord devait bien demander quelques compensations, mais je crains que l’aspect romantique de la chose ne soit que le pur produit de mon imagination !

Alors dans mes histoires sur les pirates, qu’elles se passent dans notre monde ou dans un univers inventé, qu’elles soient destinées aux enfants ou aux plus grands, vous trouverez toujours du soleil (ça fait du bien en hiver), de l’aventure (car les pirates ne passaient pas leurs temps à bronzer) et des petits bouts de légendes (car les pirates aimaient raconter des histoires, pour passer le temps). Et spécialement pour Laska, des gros morceaux de romance (car après tout, ils étaient des hommes comme les autres).

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