Questions à Piko Lynna et extrait de Vacances à haut risque

Questions à Piko Lynna et extrait de Vacances à haut risque

Aujourd’hui, c’est Piko Lynna qui vient nous parler de sa nouvelle. Vacances à haut risque est publiée dans l’anthologie de romance paranormale Vampires, Démons et Métamorphes.

Jeanne Corvellec : De quoi parle ta nouvelle, Vacances à haut risque ? Peux-tu nous donner une idée de l’histoire en quelques mots ?
Piko Lynna : Vacances à haut risque est une version revisitée du célèbre Petit Chaperon rouge, mais façon romance. On y retrouve certains éléments, comme la cape, le panier garni et, bien sûr, le loup. Comme dans le conte, Madison doit se rendre chez sa grand-mère, mais une panne de voiture l’en empêche ; c’est là qu’elle rencontre le séduisant Chris qui propose de l’aider. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que dans mon histoire, le Petit Chaperon rouge se fait dévorer de manière tout à fait différente par rapport à la version originale (sourire).

JC : Comment t’es venue l’idée pour cette nouvelle ?
PL : À vrai dire, je ne sais pas trop. Au début, je souhaitais quelque chose de léger et jouer avec certains éléments qu’on retrouve en romance, mais de façon humoristique. J’avais envie également d’y mettre une touche de paranormal. J’ai commencé à écrire et l’idée du Petit Chaperon rouge s’est imposée d’elle-même.

JC : Écris-tu souvent de la romance paranormale ? Qu’est-ce qui te plaît dans ce genre ?
PL : C’était mon premier texte du genre, je n’avais jamais écrit de romance tout court. J’ai lu pas mal de romance paranormale, par contre, et j’avais envie de m’y essayer, histoire de voir si j’en étais capable. Alors, quand j’ai vu l’annonce du concours, je me suis lancée.

JC : Et, inversement, lui trouves-tu des difficultés ou des défis particuliers ? Si oui, quelle est ta façon de les résoudre ou de les surmonter ?
PL : Je dois avouer qu’au départ, je pensais qu’écrire une romance, ce serait facile, mais c’est loin d’être le cas, en fait. Ce n’est pas évident de ne pas tomber dans le « gnangnan » ou de ne pas en faire trop… Pas évident, non plus, de ne pas tomber dans les clichés, même si j’ai joué avec certains. Il faut trouver le bon dosage. Avant d’écrire ce texte, j’ai fait la liste de ce qu’on trouve un peu trop dans les romances et qui a tendance à me faire grincer des dents. Mon idée de départ était de reprendre certains de ces éléments et de les tourner en dérision. Pas de façon méchante, mais pour ajouter une pointe d’humour. C’est ce qui m’a inspirée et sûrement aussi la raison pour laquelle je l’ai intégré à un conte, je trouvais que cela se mariait bien.

Extrait de Vacances à haut risque

AnthologiePara_petitCalée au fond du siège, elle s’enveloppa dans la cape et n’eut pas d’autre choix que d’attendre sans rien faire et, surtout, sans s’endormir. Elle contemplait le ciel étoilé, lorsque deux espèces de faisceaux scintillèrent au loin. Madison se redressa pour scruter l’horizon.

« Des phares ! Je suis sauvée. »

Ou morte, pensa-t-elle aussitôt.

Les battements de son cœur accélèrent. Madison bloqua sa respiration, comme si ce réflexe face à la peur pouvait la rendre invisible. Instinctivement, elle se baissa, laissant ses fesses glisser du siège au sol. Elle n’osait plus bouger, et encore moins regarder à l’extérieur. Capuche sur la tête, elle se recroquevilla le plus possible et ignora la pédale de l’accélérateur qui lui meurtrissait la chair.

« Hé, oh ! Tout va bien, là-dedans ? »

L’homme tapa à la vitre plusieurs fois et appela encore. Terrorisée, Madison resta pétrifiée.

« Heu, je vous vois, vous savez. Et puis votre tenue de camouflage n’est pas vraiment discrète.

— Fichez le camp. Tout va bien, merci. Je n’ai pas d’argent. Et puis mon copain va arriver ; il est très grand et super baraqué.

— Oh ! On se calme, je veux juste vous aider. S’arrêter au bord de la route en pleine nuit quand on est une femme seule, ce n’est pas très malin. Et le coup du petit copain, ça marche moyen. Vous pensez vraiment que ça m’empêcherait de vous sauter dessus si tel était mon but ? Vous auriez au moins pu verrouiller de l’intérieur », ajouta-t-il en ouvrant la portière.

Madison sursauta et se cogna la tête contre le volant. Ses yeux se posèrent sur la silhouette masculine. D’abord sur le jeans recouvrant les mollets, puis sur les cuisses musclées, sur son entrejambe, tellement moulé qu’elle pouvait apercevoir sans aucune difficulté la forme de… oh, mon Dieu ! Non, pas là. Les joues en feu, elle dirigea son regard sur le torse puis sur le visage souriant de l’homme. Et quel sourire ! Viril, sensuel, carnassier. Son cœur s’emballa de nouveau et, cette fois, ce n’était pas à cause de la peur. Avec ce physique de rêve, elle était prête à tout accepter. Enfin, presque tout, à condition qu’il utilise la douceur comme arme. Quoiqu’avec une touche de bestialité…

Non, mais ça va pas ! se morigéna-t-elle. À cette vitesse, c’est elle qui, bientôt, le supplierait pour qu’il lui arrache ses vêtements. La bouche ouverte, incapable d’articuler le moindre mot, Madison se contenta de rester immobile, le regard plongé dans celui du brun ténébreux. Elle se sentit fondre comme glace au soleil. Il devait avoir vingt-sept ou vingt-huit ans. Sa carrure était athlétique, ses épaules larges, ses cheveux coupés court, et ses yeux… Tiens, curieux, cette couleur. Elle n’avait jamais rien vu de pareil. Ils étaient sombres, mais avec un éclat particulier qui leur donnait une apparence dangereuse. Obscurs, froids, calculateurs et en même temps resplendissants, envoûtants. Du jaune ? De plus en plus étrange. Et cette pupille qui se dilatait aussi vite qu’elle se rétractait…

Reprends-toi, ma fille, c’est la fatigue.

« Vous comptez rester comme ça ? Si vous vous poussez, je pourrais au moins jeter un coup d’œil. »

Madison sentit le rouge lui monter aux joues.

« Ah. Heu, oui, désolée. Je… Je…

— Ce n’est rien, je fais toujours cet effet-là.

— Pardon ?

— Regard scotché, bave aux coins de la bouche. »

Cette fois, elle allait mourir pour de bon. Mourir de honte ! Madison essuya ses lèvres avec le revers de sa manche. L’homme se mit à rire franchement.

« C’était une blague, voyons ! Quoique ça ne me dérangerait pas en réalité.

— Très drôle ! »

Vexée, elle se leva enfin et s’installa sur le siège passager.

Le beau brun se pencha sur elle, si près qu’elle sentit son souffle sur le visage et l’odeur de son eau de toilette. Troublée, Madison déglutit et recula jusqu’à ce que son dos touche la portière.

Il la fixa longuement, d’un air amusé, et lui tendit une main chaleureuse.

« Christophe. Mais les amis m’appellent Chris.

— Madison », répondit-elle en attrapant la main offerte.

Ce contact lui provoqua des frissons qui se propagèrent des doigts jusqu’à l’entrejambe. Décidément, cet inconnu la mettait dans tous ses états. Son désir devait transparaître, car il resserra sa prise et, de nouveau, la honte la submergea.

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