Romance paranormale et bit-lit

Romance paranormale et bit-lit

Les étiquettes sont parfois difficile à déchiffrer, surtout quand on mêle l’anglais et le français. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le terme bit-lit est purement français et ne connaît pas d’équivalent de l’autre côté de l’Atlantique. Du coup, on a tendance à y englober un peu tout et n’importe quoi, à partir du moment où il y a des vampires dans l’affaire.

Pour schématiser, la bit-lit repose sur trois critères :

  • histoire centrée sur une héroïne, en général avec un caractère bien trempé
  • narration à la première personne du singulier
  • univers de fantasy urbaine (notre univers, dans lequel existent des créatures fantastiques, à l’existence plus ou moins reconnue)
  • dans le cadre d’une série, on retrouve la même héroïne d’un tome à l’autre

La romance est un élément possible, mais pas indispensable.

Ce que j’aime dans la bit-lit :

  • les héroïnes fortes
  • la fantasy urbaine
  • souvent, l’humour

Ce que j’aime moins :

  • les héroïnes qui deviennent tête à claque à force de vouloir s’affirmer
  • la difficulté à sortir des sentiers battus, notamment côté vampires et loups-garou
  • les histoires d’amour parfois bâclées

Quelques séries connues de bit-lit :

  • Mercy Thompson, de Patricia Briggs : mêle légendes européennes à la culture amérindienne (plus encore dans le tome 6, La Marque du fleuve). Avec une héroïne mécanicienne capable de se changer en coyote, des loups-garous, des vampires, des faes, de la baston.
  • Cassandra Palmer, de Karen Chance : l’héroïne ne veut pas devenir une héroïne et fait tout pour échapper à ce sort. Vampires très (trop) classiques, mais il y a aussi des sorciers, des fantômes, et d’autres créatures moins souvent exploitées. Et surtout, énormément d’humour.
  • Les sœurs de la lune, de Yasmine Galenorn : trois sœurs à demi-fées, agents secrets. Des enquêtes policières, toute une panoplie de créatures fantastiques (mention spéciale à la sœur chat-garou) plus ou moins connues, entre Terre et Faërie. Chaque tome est conté du point de vue d’une sœur différente.

Les francophones aussi ont du talent !

  • Les anges mordent aussi, de Sophie Jomain : mêle anges et vampires atypiques avec beaucoup d’humour.
  • Rage de dents, de Marika Gallmann : des vampires plus classiques mais de l’action à gogo.
  • Go to hell, de Oxanna Hope : démons et chasseurs de démons sur fond d’histoire d’amour impossible.
  • Éclipse lunaire de Agnès K. Mongili : une intrigue riche en rebondissements avec des créatures fantastiques originales, phénix, licorne et dragons.

À noter : ces quatre romans se situent dans un cadre anglo-saxon. Est-ce à dire qu’il est impossible de faire de la fantasy urbaine dans un cadre français, africain ou autre ? Question de convention ou d’exotisme ? Un roman comme Les Enchantements d’Ambremer, de Pierre Pevel, utilise pourtant avec succès le cadre parisien comme décor d’un récit de fantasy.

Dans la romance paranormale, on est souvent également dans un univers de fantasy urbaine, avec des créatures à longues dents, vampires ou non. La différence est que l’histoire d’amour se trouve au centre du roman : l’évolution des sentiments des personnages constitue l’enjeu principal. La narration est en général à la troisième personne, point de vue interne alterné entre l’homme et la femme. Enfin, il y a beaucoup de scènes chaudes. Dans le cadre d’une série, les protagonistes changent généralement à chaque tome.

Ce que j’aime dans la romance paranormale :

  • la fantasy urbaine
  • l’histoire d’amour
  • le renouvellement d’un tome à l’autre

Ce que j’aime moins :

  • les scènes de cul gratuites, voire limite pornographiques
  • les héroïnes cruches
  • les héros trop (beaux, parfaits, torturés, autres)

Quelques séries de romance paranormale :

  • La Confrérie de la Dague Noire, de JR Ward : la plus connue, je pense, avec une confrérie de guerriers vampires qui protègent ceux de leur race contre des sortes de zombies voués à les éliminer. En principe, les humains ordinaires n’ont rien à voir dans cette affaire, ils ne servent même pas de casse-croûte aux vampires qui ne peuvent se nourrir que sur un vampire de sexe opposé. Difficile pour les héroïnes de se montrer à la hauteur des beaux mâles mis en scène dans la Confrérie….
  • Dark-Hunters, de Sherrily Kenyon : les chasseurs de la nuit ne sont pas des vampires, même s’ils ont des crocs. Pas mal de mythologie au programme, des concepts intéressants, des démons qui ont une bonne motivation à le devenir, des garous, des dieux, des malédictions etc. Le premier tome de la série est aussi le moins intéressant (puisque le héros n’est pas un chasseur de la nuit), mieux vaut passer directement au suivant.
  • Les seigneurs de l’ombre, de Gena Showalter : pas de vampires au programme, cette fois, mais des démons libérés de la boîte de Pandore, prisonniers à l’intérieur de guerriers immortels. La Mort se balade donc en compagnie de la Maladie, de la Luxure, de la Passion etc. Et les dieux grecs ont été renversés par les Titans, Chronos en tête. Pas mal d’action, avec des héroïnes à la hauteur de leurs alter ego, pour une fois : nous avons une déesse, une voyante qui entend des voix, une qui n’est pas si ordinaire qu’elle le semble, une harpie… Tout cela sur fond de guerre avec les chasseurs et de quête pour les objets mythiques. La meilleure du lot à mon goût.

Ces étiquettes demeurent bien sûr des conventions et en France, vous trouverez généralement la romance paranormale sous l’étiquette « bit-lit », sauf chez les éditeurs spécialisés en romance, qui considèrent pour leur part le fantastique comme un sous-genre dans leurs collections.

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6 commentaires
  1. Merci Anne pour cet article très intéressant, qui a le mérite d’éclaircir un peu cette jungle épaisse ^^.

  2. Je suis tellement à la traîne ! Je n’ai lu que Patricia Briggs et j’aime beaucoup son univers.

  3. Merci Anne d’avoir pris le temps de nous écrire cet article!;)

  4. Je suis globalement d’accord, sauf sur deux points : je n’ai encore jamais vu de « bit lit » sans aucune romance. Sinon, qu’est-ce qui la distinguerait de la fantasy urbaine au sens large ? Pour moi, la bit lit prétend mettre en scène tous les aspects de la vie de l’héroïne, et cela inclut donc l’aspect sentimental/romantique/sexuel.

    Ensuite, sans prétendre connaître toute la production existante, je n’ai pas remarqué que la romance paranormale était plus « hot » que la romance en général. En revanche, la bit lit, ça peut choquer une lectrice de romance… 🙂 Exit les exigences de monogamie, d’exclusivité et de sentiments : on couche avec qui on veut, quand on veut, sans s’engager, sans aucune garantie que ça va bien finir.

  5. Très intéressant ! Je ne savais pas que la bit-lit était un terme de chez nous, je pensais qu’on l’avait volé aux anglais justement. Me voilà moins bête. Si je connais de nom ceux que tu cites en bit-lit, par contre j’avoue mon ignorance concernant ceux de romance paranormale.
    Merci pour cet article éclairant ^^

  6. Article intéressant qui me permet de stopper mon amalgame. Désormais je sais que j’apprécie les deux genres et je peux faire facilement la différence. Merci.

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